ACTE II, SCENE VI
BLINVAL
Trois refus, en comprenant le mien.
Florbel est philosophe, et dit ce qu'il faut taire : J'ai donné sur sa joue un soufflet à Voltaire.
MADAME ELINVAL.
Je refuse, le style est par trop familier.
BERNARD., passant doucement la t<'te entre les deux batians de la
porte.
Pardon: monsieur Victor m'engage à vous prier...
FtORIDORE.
C'est nous persécuter d'une étrange manière. Qu'il nous laisse , on ne peut terminer une affaire.
( Bernard se retire. )
Pour la réception j'ai donné mon scrutin.
BLINVAL
De la petite Emma voici le bulletin :
« Pour moi la langue est tout; au plus rare mérite « Je ne puis sur ce point pardonner un écart ; « Je vote le rejet , et le motive ; car
« Cette ouvrage est très mal écrite. »
( On rit.) BELROSE.
Ce scrutin compte-t-i^?
FLORIDORE.
Messieurs, respect aux droits Qu'on sache écrire ou non, l'on a toujours sa voix.
BLINVAL , comptant les bulletias.
En ce cas , refusé.
BELROSE.
Ma foi , c'est grand dommage ; Je trouvais du bon , moi , dans ce mauvais ouvrage.
FLORIDORE , à Blinval.
Aussi répondrons-nous qu'il est fort bien écrit... Des détails très heureux... infiniment d'esprit... De l'observation... des mœurs...
BELROSE.
En conséquence , Nous refusons la pièce.
Eh ! mon Dieu ! patience.
Mais...
ESTELLE
L'auteur va pâlir à ce terrible mais.
FLORIDORE, à Bliuval.
De ces restrictions qui n'offensent jamais... Un dénoûment brusqué... quelques réminiscences... L'entente de la scène... et puis les circonstances... C'est un jeune homme , enfin , qu'il faut encourager.