‹ Théâtre de C. DelavigneChapitre 111 sur 156 · SCENE Vl · texte numérisé non relu

SCENE Vl

BELROSE, PEMBROCK.

BELROSE.

Entrez, milord, entrez, c'est par ici.

De grâce , D'où me connaissez-vous ? ce procédé me passe ; Me céder votre loge !

BELROSE.

Attendez un momeni , Et vous serez surpris bien agréablement.

PEMBROCK.

Volontiers! mais, ravi de tant de complaisance, Je veux faire avec vous plus ample connaissance.

BELROSF.

C'est trop d'honneur !

PEMBROCK.

Non pas; un préjuge français Long-temps pour vous, messieurs, fut injuste à l'excès. Quand un comédien unit, en Angleterre,

Aux dons d'un beau talent un noble caractère, Il peut prétendre à tout, partout il est admis, Nous nous honorons tous du nom de ses amis ; Et c'est le moins qu'on doive aux travaux qu'il s'impose, A l'esprit délicat que ce grand art suppose, Aux rares qualités dont l'ensemble enchanteur Trouble, étonne, attendrit, captive un spectateur, Arrache une jeunesse ardente et désœuvrée Aux dangereux loisirs d'une longue soirée...

BELROSE , à part.

Qui peut la retenir?

Quand on y veut songer.

Que de tentations le doivent assiéger ! S'il oppose à leur charme un courage exemplaire, Est-il pour l'honorer un trop noble salaire? Londres n'en connaît point, et naguère, à sa voix, Garrick suivit Shakspear dans le tombeau des rois.

BELROSE.

( à part. )

Paris fait moins pour nous. Je ne vois pas Estelle.

PEMBROCK.

Mais, loin de se régler sur un pareil modèle, De faire comme vous, si c'est \in intrigant, [Jn brouillon...

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