ACTE III, SCENE YIIT. 22â
PEMBROCK.
Clierchez des raisons qui me puissent confondre!
ESTELLE
(à part.)
11 ne faudrait qu'un mot! Je ne sais que répondre.
PEMBROCK.
Et comment ce monsieur qui vient de nous quitter Sur un rôle avec Vous peut-il se concerter?
ESTELLE , à part.
J'y suis !
PEMBROCK.
Votre embarras malgré vous se décèle.
ESTELLE
Connaissez-vous l'auteur de la pièce nouvelle ?
Nom. Que m'importe? Ici qui peut vous amener?
ESTELLE
Rougissez donc, ingrat, de m'oser soupçonner.
PEMBROCK.
Je ne souffre que trop à vous croire parjure; Achevez.
ESTELLE
Je m'adonne à la littérature.
PEMBROCK.
Vous !
ESTELLE
La pièce est de moi.
PEMBROCK.
Vous auteur !
ESTELLE
Eh ! milord , Quelle femme aujourd'liui ne brigue un si beau sort? En vain l'autorité d'un ridicule usage Confinait nos talens dans les soins d'un ménage : Le Pinde est envahi par des femmes auteurs ; Devant nous la morale abaisse ses hauteurs ; Notre génie embrasse et peinture et musique, Et dans ses profondeurs sonde la politique. Des rigueurs du public j'osais braver l'écueil ; Je vous apparaissais, dans mes rêves d'orgueil, Aux acclamations d'un parterre unanime, Comme un astre écartant la nuit de l'anonyme ; Je vous voyais surpris, stupéfait, enchanté. Je n'ai rien fait, ingrat, pour la postérité; L'amour seul me guidait au temple de mémoire; Oui, je voulais en dot vous apporter ma gloire. Et vous suivre à l'autel le front ceint de lauriers.
PEMBROCK.
Quoi! lapiècequ'on donne. ..?est-il vrai...? vous seriez...? Se peut-il? vous auteur! Je ne me sens pas d'aise :