‹ Théâtre de C. DelavigneChapitre 125 sur 156 · SCENE I · texte numérisé non relu

SCENE I

BELROSE, MADAME BLINVAL.

BELROSE.

Dieu! quels flots d'amateurs ! quel bruit! quelle recette!

Si le spectacle tient, la chambrée est complète.

Notre affiche sans bande étale à tous les yeux

De l'ouvrage nouveau le titre radieux.

Les bureaux vont s'ouvrir, et nos braves cohortes

Dans leur camp retranché se rangent près des portes.

Vous jouez , m'a-t-on dit?

MADAME BLINVAL

C'est faiblesse, j'ai tort; Mais comment résister aux prières d'un lord?

BELROSE.

Quoi ! ce seigneur anglais vous a rendu visite? 2. 16

MADAME BLIJVVAL.

Il sait m'apprécier, je lui crois du mérite.

Mon talent lui plaît fort ; d'ailleurs il s'est chargé

De mes débuts à Londre , à mon premier congé.

Pour l'intérêt d'autrui sou ardeur est extrême; Chez moi, comme chez vous, il s'est rendu lui-même. Pour trouver Floridore il m'a quitté trop tard ; Mais il a vu Lucile et converti Bernard. Il ('onnaît donc Victor?

MA.DAME BLINVAL

Non.

BELROSE.

Comment! il intrigue, ,\ courir tout Bordeaux par plaisir se fatigue; Il perd auprès de nous ses discours et ses pas , Pour un auteur sans nom et qu'il ne connaît pas! Quel saint amour de l'art, quel démon littéraire Tourmente, à nos dépens, cet honnête insulaire?

MADAME BLINVAL

C'est Estelle.

BELROSE.

Vraiment?

MADAME BLINVAL

Chut ! il m'a tout conté.

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