‹ Théâtre de C. DelavigneChapitre 40 sur 156 · ACTE III, SCENE V · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE V

Aux pieds des souverains rampant de cours en cours, Vous avez contre nous mendié leur secours.

PROCIDA

Non, seigneur; mais j'ai vu la Sicile asservie, Avec la liberté j'ai fui de ma patrie.

MONTFORT

Aujourd'hui dans son sein qui vous force à rentrer i^

PROCIDA

J'ai voulu la revoir avant que d'expirer.

MONTFORT

Quoi! pour livrer vos mains à d'indignes entraves!

Pour vivre et mourir libre au milieu des esclaves.

MONTFORT

Vous perdez le respect, vieillard audacieux!

PROCIDA

Je ne sais qui de nous l'a conservé le mieux. J'honore votre rang et le fais sans bassesse ; Mais ne devez-vous rien , seigneur, à ma vieillesse?

MONTFORT

Non, traître; je connais votre horrible dessein.

LORÉDAN

Il sait tout !

PROCIDA

Quel est-il ?

78 LES VEPRES SICTIJENNES.

MONTFORT

De me percer le sein.

PROCIDA

Moi?

MONTFORT

( A Lorédan. )

Toi-même, toi seul. Ah! ce crime est infâme, Jamais tant de noirceur n'aurait souillé ton âme. On t'osait soupçonner, ma voix, t'a défendu. Que ton accusateur d'un mot soit confondu ; Ta foi me suffira, j'en croirai ta réponse :

( Lui montrant le billet.)

Connais-tu le complot que cet écrit dénonce?

LORÉDAN

En croirai-je mes yeux? Il est trop vrai...

PROCIDA

Mon fils !

LORÉDAN

Dans vos mains! se peut-il?... Dieu ! qui vous l'a remis?

MONTFORT

Quoi ! tu serais l'auteur...?

LORÉDAN

Parlez... Ah! l'infidèle!

Quel prix de mes bienfaits, de monamoui- j)our elle !

PROCIDA

Insensé! quo (lis-l;i .'

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