‹ Théâtre de C. DelavigneChapitre 50 sur 156 · SELVA, ETC., CONJURÉS · texte numérisé non relu

SELVA, ETC., CONJURÉS

SALVIATI

Nous voici rassemblés.

La mort plane sur nous, le temps presse, parlez.

Selva , Loricelli, veillez sous ces portiques.

( Aux conjurés. )

Ministres généreux des vengeances publiques, Vous dont trois ans d'attente ont éprouvé la foi, Je vous connus toujours incapables d'effroi; Votre dessein m'étonne, amis, et je dois croire Qu'un parti si honteux révolte votre gloire. Je ne vous blâme point : l'impuissance d'agir Le commandait peut-être , et défend «l'en rougir ; Mais au glaive étranger avant d'offrir ma tête, J'ai voulu vous soumettre un doute qui m'arrête : Nos torts, par un aveu seront-ils expiés? Quand ces fiers ennemis nous tiendront à leurs pieds. Qui peut vous assurer que leur reconnaissance Vous accorde un pardon que vous payez d'avance ?

SALVIATI

Il serait dangereux d'oser nous punir tous.

PROCIDA

Eh ! qui choisiront-ils ? prêt à mourir pour vous , S'ils ne frappent que moi, je bénis mon supplice ; Mais je crains leur clémence autant que leur justice. L'intérêt pour un temps peut détourner leurs traits; On saura tôt ou tard vous créer des forfaits; Et, brisant par degrés le nœud qui vous rassemble, Punir séparément ceux qu'on épai'gne ensemble. Est-il un seul de vous qui no tremble pour lui i^

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