ACTE I, SCENE II
Mais vous dans un foyer !... Quelque intrigue, je gage?
PEMBROCK.
Non; d'un monsieur Bernard je cherche le bureau. On doit donner ce soir un ouvrage nouveau; Le journal que je Hs d'avance en fait l'éloge, Je viens tout bonnement pour louer une loge.
GRANVILLE
Séjournez-vous long-temps parmi les Bordelais? Puis-je espérer, milord...?
PEMBROCK.
Je ne suis plus Anglais; L'hymen vam'enchaînerloin des brouillards d'Ecosse.
GRA.N VILLE
Comment donc?
PEMBROCK.
Ce lien à mon âge est précoce.
De voyager par ton je me suis fatigué; Mais je voulais, des arts amateur distuigué. Pour me donner à Londre un vernis littéraire. Citer vos beaux esprits dans mon itinéraire. Tandis que mon album, chargé de vers charmans, Achevait sa moisson dans les départemens, f j'amour surpi'it mon cœur cjitrc Dax et Bayonne; Je prends racine en France, et fais souche gasconne.
GRANVJLLE.
Quoi! vous vous mariez?
PEMBROCK.
Le trait qui m'a dornpté Des regards d'une veuve est parti cet été ; Je roulais vers Bayonne, où tendait mon voyage : Soudain vient à passer un brillant équipage , Qui, par mon phaéton dans sa course heurté, Aux cris des voyageurs s'abat sur le côté. J'arrête, et vois descendre une femme expirante ; Elle tombe sans force aux bras de sa suivante. L'œil éteint, lo front pâle et les cheveux épars. Moi , qui soutiens toujours l'honneur des léopards. Surtout auprès du sexe, en offrant ma voiture. Je tourne un compliment qui d'abord la rassure. Sa suivante à mon char la conduit par la main; Elle allait à Bordeaux, j'en reprends le chemin. Les plus fières beautés n'ont jamais dans l'Asie D'un aiguillon si vif piqué ma fantaisie ; Mes regards, attachés sur ses yeux languissans, Commençaient à parler du trouble de mes sens. Maisj'apprends qu'elleest veuve;ellepleure,etseslarmes Contre ma liberté sont de mortelles armes. Je l'invite à l'auberge, en termes délicats, A tromper sa douleur par un frugal repas.