ACTE I, SCENE VIII
Toi, prépare, Laurent, les vers et la couronne Que le public charmé doit jeter de ta main A l'acteur de Paris qui paraîtra demain.
(à sa saiie. )
Sortez.
BELROSE.
Souffrez, mon cher, qu'ici je vous présente Un de mes bons amis que la gloire tourmente ; Un homme de talent qui fait des vers moraux. Docteur en droit romain , et maître es Jeux Floraux , Il a dans un écrit commenté les trois codes, Et lance des extraits dans le Journal des Modes. Génie universel ! Il m'a dit , ce matin , Qu'il veut nous réunir dans un pompeux festin. Il n'ose l'avouer, mais d'avance il s'honore De posséder chez lui le brillant Floridore.
GRANVILLE
Que dit-il ?
FLORIDORE , à Granville.
Tout Bordeaux veut m'avoir à dîner; Je n'ai point dans un mois un seul jour à donner... Mais demain je suis libre.
O faveur sans seconde !
(à Granville.)
Hein !... comme je te sers !
GRANVILLE , à Belrose.
Que le ciel le confonde !
(à Floridore. )
Monsieur, je suis ravi.
BELROSE.
c'est conclu pour demain.
(à Floridore.)
Il invite en auteur, et sa pièce à la main.
FLORIDORE.
On ne peut pas douter qu'elle ne soit foit belle.
GRANVILLE
Monsieur, le sentiment est le geiu'e où j'excelle, Le comique du cœur.
FLORIDORE, avec un souriie d'approbation.
Voici le maïuiscrit ?
GRANVILLE
Oui , monsieur.
( Floridore prend le papier. )
Quelle verve, et connue c'est écril !
GRANVILLE
Tais-toi !
BELROSE.
Vous y verrez un jeune lionnne, un Valère, Vingt-cinq ou vingt-six ans; ce rôle doit vous plaire.