‹ Théâtre de C. DelavigneChapitre 97 sur 156 · ACTE II, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE V

Ne se permettrait pas de briser un cachet.

MADAME BLINVAL

Je vous approuve fort; il faut être discret. Lisons.

« Je me soumets , belle veuve ; je m'imposerai huit « jours d'une retraite austère. Huit jours passés sans « vous voir seront pour moi un siècle de souffrance; a mais , après ce délai , nul obstacle ne doit retarder a notre mariage et mon bonheur. Permettez qu'un cac( chemire rouge et un brillant, que j'ai rapportés des « Grandes-Indes, accompagnent ma lettre. Aux termes « où nous en sommes , vous ne pouvez refuser ces ba- « gatelles , qui sont les premiers présens de noces de « votre tendre amant et futur époux

« Lord Pembrock. »

Découvrez-vous celle de nos sultane^ Où peuvent s'adresser ces douceurs anglicanes ?

MADAME BLINVAL

C'est Estelle.

BELROSE.

Vraiment?

MADAME BLINVAL

Du moins, j'en ai l'espoir.

BELROSE.

Mais...

MADAME BLINVAL

Il tant les brouiller à ne plus se revoir.

BELROSE.

Voilà bien le souhait d'une honnête personne !

MADAME BLINVAL

Détrompons son niilord.

Oh ! que vous êtes boinie!

MADAME BLINVAL

Son talent assez mince est pour moi sans danger; Mais sa vogue m'irrite, et je veux m'en venger.

BELROSE.

Bravo! Que la vengeance est douce aux belles âmes! C'est le plaisir des dieux et le bonheur des femmes.

(Ici Blinval entre sans prendre garde à sa femme, et s'assied pour travailler auprès d'une table.)

Sommes-nous bien certains qu'Estelle soit l'objet...?

MADAME BLINVAL

Oui, mon pressentiment est un avis secret. Je suis son ennemie, elle en aura la preuve: Elle se targue bien du bonheur d'être veuve.

BLINVAL , se levant et saluant.

Ne vous gênez donc pas, ma femme, grand merci !

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