‹ Théâtre de CalderonChapitre 64 sur 96 · ALEC · texte numérisé non relu

ALEC

Ce n'est pas sans de graves motift que je Tiens ebei YOiii ; qu'il me gaffiie de tous dire que ce sont mes disgrâces qui m'amènent.

càsHf bas 9 à Âltoùxemu.

fl Tilnit sus doute nous reprendre.

ALCOTJZCOnX.

Alors moi content I car mol aimer mieui que lai tenir nOUs repKndre que nous prendre.

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Qu'y tt4ri\ pour Totre service?

MALBG.

Galmex-vous, mes amis. Remettëz-yous dd trouble qn-â eicilé non arrivée en ce lieu. — Aujourd'hui, en entrant an conseil, nouk Ifons reçu du président de Castille une lettre 'du l-Oi Philippe II, eontenant des ordres que la ville doit faire etébuter. Cette lettre lyant été ouverte, le secrétaire du cortseil Ta lue à haute vOix*. Ce lont des dispositions contre les Morisques... Oh l avec combien de nûon on a comparé la fortune au temps l car la fortune, cOmnie le temps, va sans cesse du bien au mal sans s'arrêter jamais.;. Ce message du roi, outre les anciennes mesures que l'on avait prises contre vous, en prescrit de nouvelles plus dures encore que les sutres. Ainsi aucun enftint de cette nation africaine qui autrefois mit l'Espagne sous le joug, aucun Morisque ne pourra célébrer vos lêles, se vêtir de soie, aller dans les bains publics, ni parler la langue maternelle; vous ne pourrez plus parler que le castillan. — MOî, comme le plus âgé-, je devais opiner le premier. Je dis qtae s'il était joste et convenable d'abolir peu à peu la mémoire de nos couttkmes africaines, il Aillait cependant éviter de trop se hâter, et surtout Remployer la violence, d'autant mieux qu'elle devenait inutile par la démétude où tombaient nos anciens rites;.. Sûr ce, don Juan, don Juan de Mendoce, celui qui est allié à la noble et illustre filmille da marquis de Mondejar , dit aussitôt : Don Juan Malac'ne pu avoir une opinion impartiale. La nature l'inspire en teveur compatriotes. Voilà pourquoi II ^«nAiiXx. o^ciDi ^NBA^^\^

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châtiment des Morisques, Dation vile et méprisable s'il en Ait... Seigneur don Jnaa, repris-je à mon tour, lorscpie l'Espagne tombée au pouvoir des Mores se trouva chez elle-même captive, il y eut des chrétiens qui demeurèrent parmi les vainqueurs, et qu'à cause de cela l'on nomme aujourd'hui Mozarabes. Us n'en rougissent point, ils n'en sauraient rougir ; car souvent 11 n'y a pas moins de courage a supporter la mauvaise fortune qu'à la surmonter. Et quant à l'imputation d'être une race méprisable et vile, les chevaliers mores devinrent, ce me semble, les égaux des chevaliers chrétiens le jour où, Uvés par l'eau du baptême, ils se donnèrent à la foi catholique, surtout ceux qui, comme moi, comptent tant de rois parmi leurs ancêtres. — La belle chose! dit-il; des rois mores! — Eh quoi! répliquai-je, le sang des Valors, des Zegries , des Yénégas , pour être more, en est-il moins royal? — Bref, la dispute s'échauffa et devint bientôt générale; mais ce fut seulement un échange de paroles, car il nous est défendu d'entrer au conseil avec nos épées... Ah t malheur, malheur à nous, d'avoir été obligés de nous disputer avec la langue au lieu de nous battre avec l'épéel car la langue est la plus dangereuse des armes, et une blessure se guérit mieux qu'une parole... 11 faut sans doute qu'il m'en soit échappé quelqu'une qui l'ait vivement offensé... car, comment vous dire cela? je frémis seulement d'y penser... il m'arracha le bâton que je tenais à la main, et avec ce bâton... Mais il suffit, je me tais. Il est des choses trop pénibles à dire... Amis, cet outrage que j'ai reçu lorsque je vous défendais, lorsque je voulais vous protéger, cet outrage, il vous a tous atteints comme moi. Et puisque je n'ai point de fik qui lave l'affront fait à mes cheveux blancs, puisque je n'ai qu'une fille, consolation bien douce à ma vieillesse mais inutile à ma vengeance, vaillans Mores, noble reste des conquérans de l'Espagne, c'est à vous que je m'adresse. Songez-y, les chrétiens veulent faire de vous des esclaves. Osez leur résister. L'Alpujarra, cette chaîne de montagnes qui élève jusqu'au ciel sa ctme orgueilleuse; l'Alpujarra toute couverte de villes et de nombreux habitans, et dont les châteaux forts. Galère, Berja et Gavie, semblent autant de vaisseaux immobiles sur un océan argenté ^ ; l'Alpujarra est à vous tout entière: retirons-nous dans ses vallées en emportant des munitions et des armes. Choisissez un chef dans la race illustre de vos Aben-Huméyas, dont il reste plusieurs en Castille, et, d'esclaves que vous êtes, redevenez seigneurs. Pour moi, quoi qu'il m'en coûte de raconter ma honte, je m'efforcerai de persuader à tous que ce serait une bassesse* une infamie, de vous laisser tous offenser dans mon offense, et dt ne paf vous venger tous avec moi.

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