‹ Théâtre de CalderonChapitre 87 sur 96 · L*INFANT · texte numérisé non relu

L*INFANT

Suivez vos projets, mon père, je ne puis que les approuver ; faites chercher le traître, et qu'il périsse. {A part.) ciel! ne le permets jamais I {Haut.) Mais c'est en vaiii que je voudrais oublier ma peine, tous les efforts que je fais pour la chasser de ma mémoire l'y rappellent plus vivement ^.

Entrent LE CAPITAINE DES GARDES et ROBERTO.

LB CAPITAINE

Sire, votre majesté ay;ant fait publier qu'on punirait comme rebelle quiconque ne découvrirait pas le meurtrier, ou ne dirait pas

' D«ji« le texte Galderon a donne à cette peniëe det^«hrelop|iemeiM qa*ii now a eltf tmpoÊêible de reprodoiie, Uikt iU ont de siiV>\.\\i\i.

JOUR*fÉE I, SCÊNK ÎU. i»^

ce qu'il sait de lui» — un homme m'a dénoncé ce valet comme h reconnaissant pour appartenir au coupable.

LB ROI

Je saurai de lui ce que je veux savoir.

ROBERTO

Oui, je Tavoue francdement, f ai un maitM que je seh; &Hè qttd est ce idattre, jd ne le dirai jamais.

LB ROI

Qiii ès-ttt?

ROBBRTO.

Un étranger venu À Naples pour assister au S^taèfé âe tA fttes.

LE ROI

J'èspière apprendre de toi quel est le cruel aatèu^ dé mes ^éines-

ROBXRTO.

Je ne le connais point.

LE ROI

N'étâis-tu pas k son service?

ROBRRTO.

Ont; mais j'ignorais qui il était.

Ll CAFfrAINB.

Voyez, sire, son trouble... li ciiercbe à vous tromper.-^ Et comment pourrait-il se faire qu'un pauvre valet sur la personne duquel on vient de trouver des bijou i du plus grand prix ne connût pas son maître?

ROBERTO

£n vérité, seigneur capitaine, vous auriét éité un boà juge d'illformation ^

LE ROI

Puisque tu ne veux pas parler lorsqu'on t'y invite avec douceur, BOUS verrons à employer d'autres moyens. — Mais parmi les joyaux j'aperçois un papier. Ouvrons-le. Peut-être il m'apprendra o§ que je veux savoir.

l'infante, à part.

Hélas! ce sera quelque lettre de lui. Je tremble k*. Il est découvert! il est perdu!

ut ROI.

Voyez» ma fille.

L^INFANTB, àpOTU

Je vois mon malheur!

LB ROI

C'est une lettre.

l'infante, à part.

C'est une mort.

SsbuenoparQ t^tcài.

StM LE GEOLIER DE SOI-MÊME.

LE ROI, lisant,

« Afin que Votre Majesté ne s'inquiète pas démon absence» je vous écris par Roberto. Je suis en bonne santé. Le motif qui m'a conduit à Naples ç*a été le désir d'assister au tournoi que don Pèdre de Sforze a fait publier, et dans lequel je veui rompre une lance avec lui.— Le tournoi acbevé, je m'empresserai de retourner aux pieds de Votre Majesté, dont le ciel conserve la vie! — Le prince Fn^iRic. {Parlant.) Voilà donc quel est l'auteur de mes maux I C'est le prince Frédéric qui a tué Rodolpbe i N'était-ce pas assez que le roi de Sicile fût mon ennemi , et fallait-il encore que son fils vtol porter la désolation dans mon toyaumé l

L'iNFAifTB , à part.

Mon cœur, dissimulons mes chagrins, et que mon pare ignore la (sause de mes larmes! (Haut.) Frédéric! d prince barbare, cruel, impitoyable , dont la main hardie , dont la folle audace m'a donné la mort! Prince perfide qui m'as enlevé la moitié démon àme, puisse le ciel te réserver une destinée telle que mon cœur la désire !

LE ROI

Ma fille , vos larmes m'ont touché profondément. — Capitaine,

cherchez sans retard le coupable, et mettez à feu et à sang le pays

où l'on soupçonne qu'il a pu se cacher.

Il tort avee le Gapiuio •

l'infante.

Ah I Roberto, ta fidélité nous a perdus. Pourquoi donc es-tu resté à Naples? pourquoi donc as-tu conservé cette lettre qui portait la signature du prince? Ne pouvais-tu pas la déchirer, la brûler?

ROBERTO

Je ne pouvais prévoir ce qui est arrivé. J'étais ici secrètement, et mon hôte ^il y a des hôtes qui sont bien infâmes!) n'a pas craint de me dénoncer comme le serviteur du prince, lequel avait demeure chez lui. 11 avait écrit cette lettre au roi son père, et, pour notre malheur, il ne l'a pas envoyée.

l'infante.

Je ne m'en consolerai jamais.

Entre LE CAPITAINE.

LE CAPITAINE

Le roi ordonne qu'on vous retienne prisonnier afin que vous ne puissiez pas donner avis de l'aventure.

l'infante.

Oui, il faut retenir prisonnier le serviteur d'un tel prince. (005, à Roberto,) Sois tranquille, je te délivrerai.

ROBERTO, &a«, à V Infante, Je me recommande à votrç bonté.

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