‹ Théâtre de campagne: 1-9 sʹerChapitre 16 sur 70 · ESSE · texte numérisé non relu

ESSE

ien ennuyeuse; j'abuse de

VOLNEY

Mais non !... mais non ! Seulement, voyez-vous, ma chère sœur, à votre âge, et jolie comme vous êtes, vous avez tort de pleurer toujours. — Eh ! mon Dieu, tout se répare !

LA COMTESSE, regardant des petits dessins restés dans la boîte.

Il y a donc un enfant, ici?... Ce commandant a donc un fils ?

VOLNEY Pourquoi pas?...

LA COMTESSE C'est vrai ! — Pourquoi pas ? Tout le monde a des enfants... Il n'y a que moi qui n'ai plus le mien !

VOLNEY Vous devriez vous remarier. Vous ne manquerez pas de prétendants. Le prince Scaletto voulait vous épouser l'année dernière. Un vrai gentilhomme, un grand nom, une grande situation... Cela vaut bien qu'on y pense.

LA BARONNE

Il a raison, Marie. Tu as vjngt-huit ans. Est-ce l'âge des larmes éternelles?...

LA COMTESSE

C'est pour cela que vous m'emmenez à Naples ?

LA BARONNE, souriant.

Il y a bien quelque chose comme cela.... Si tu voulais te laisser aimer, tu verrais ce que peut l'amour.

VOLNEY

! Il y a même une comédie de titre-là. — L'amour, comtesse, vous :'est...

LA BARONNE

nfeld était un homme trop grave 1e... Tu as ta vie à recommencer.

LA COMTESSE

à moi, l'aura-t-on jamais?... Mais L-t-on me le rendre?... Tout se réêtre : mon enfant!... Aujourd'hui, J'ai rêvé de lui toute la nuit. Je le t puis grandi, charmant, tel qu'il icorei Les hommes ne peuvent pas u'un enfant tienne toute la place mère... C'est pourtant bien vrai!...

s, leurs ambitions, leurs plaisirs!

l'est qu'à nous, le doux être qui qui s'endort le soir sur nos genoux, t un nid! — Savez-vous ce que c'est par ces grands yeux, embrassé par N'est-ce pas l'âme de votre âme? Ne près de lui, des frémissements qui , et des adorations qui ressemblent >yez-vous, quand l'enfant est parti, t vide, il n'y a plus rien ! rien!

LA BARONNE ;alme-toi !

+2ÀML

LA COMTESSE, se levant.

Il ne fallait pas me parler de bonheur... Du bonheur, à moi!... Et encore si j'étais sûre qu'il est mort? Je ne le pleurerais pas avec cette amertume I Mais je ne suis sûre de rien. Je ne sais pas... On m'a rapporté son petit chapeau troué d'une balle... Est-ce une preuve, cela?

LA BARONNE Hélas!... oui.

LA COMTESSE

Son pauvre petit corps, l'a-t-on retrouvé? Depuis quatre ans, je pense tous les jours à cet affreux événement, et j'ignore encore si je dois pleurer mon fils ou le chercher. J'ai demandé à tout le monde, j'ai répandu mon or dans toutes les mains. — Vingt fois, mon cœur a palpité d'espérance, et quand mes bras s'ouvraient enfin à ce fils tant pleuré, c'est un inconnu qu'on y jetait!...

VOLNEY

Ma sœur, nous pouvons chercher encore ! Nous partirons, nous mettrons sur pied la police du monde entier, et s'il est vivant, nous le saurons bien !

LA COMTESSE

Hélas! le trouverez- vous?... J'ai tant cherché, tant écrit, tant prié Dieu de me le rendre! Que de fois, en vidant ma bourse dans les mains d'un petit mendiant, j'ai pensé : mon fils a peut-être froid, comme lui!... Il chante peut-être de cette petite voix cassée ! Je suis là, avec des diamants plein mes écrins, et je me demande si mon fils a du pain ! Oh ! c'est affreux !

LES VOIX reprennent, Qu'est-ce qui passe ici si tard, Compagnons de la Marjolaine, Qu'est-ce qui passe ici si tard?... gai! gai!...

LA COMTESSE, elle écoute.

Plus rien !... Ils se taisent... Est-ce qu'ils sont partis?

FRANTZ, au dehors.

En rang!... Je vais vous commander, moi!...

LA COMTESSE, courant à la fenêtre et regardant. C'est celui-là... qui parle, ce petit garçon tout blond.. . Je ne vois pas son visage. Il se retourne !

UN ENFANT Eh ! dis-donc, Frantz?...

LA COMTESSE Frantz!... C'est lui... Oh! c'est lui!... (Appelant haut.) Frantz!... (Les voix se taisent.)

FRANTZ, toujours au dehors.

Qui m'appelle?

LA COMTESSE

C'est moi, mon enfant.

FRANTZ

Que voulez-vous, madame ?

LA COMTESSE J'ai quelque chose à te dire, viens vite.

FRANTZ Je ne peux pas... mon ami m'a dit de l'attendre ici.

WC!f7.'>"' M '

LA COMT

Qui est ton ami?

FRAN1 Le commandant Hubert.

LA COMT

Je vais lui parler... viens ave commandant paraît.)

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