LE PREMIER PAS
Joseph I faites atteler la petite voiture.,. Vous direz à mon mari, quand il rentrera, que je suis alle'e chez ma mère... Au fait, non! Joseph I c'est inutile.,, je ne sortirai pas... Ah! j'oubliais, si par hasard M. de Forîigny se présentait, vous direz que je suis soufïrante... mais poliment, entendez-vous... Vous n'e'clairerez pas le salon. Je resterai ici... Allez... {Le domestique sort.)
Je ne sais ce que j'ai aujourd'hui : de ma vie je n'ai été aussi agitée... M. de Fortigny viendra... c'est sûr... Si je le reçois, il me parlera de nouveau de son amour!... Je lui dirai de se taire, il me désobéira, je me fâcherai il demandera pardon, je pardonnerai et il recommencera. Voilà deux semaines que cela dure .. c'est insupportable. {Souriant.) Est-ce insupportable, au fond?,..
Il y a quelque temps je m'ennuyais à périr... maintenant je ne m'ennuie plus!... D'ailleurs, j'ai fait mon devoir d'honnête femme. J'ai dit à mon mari' que je plaisais à M. de Fortigny et que M. de Fortigny ne me déplaisait pas... Ma conscience a le droit d'être tranquille... Eh bien, mon mari n'est pas jaloux, conçoit-on cela ! Faut-il que les maris gâtent toujours le mariage... Paul, qui était si gentil, si élégant, si passionné, est devenu un