ACTE IV. SCENE \r
MERLIX.
Parlez bien : on ne dit point navaux , jXi fataux , ni regaiix , non plus que carnavaux ; Vouloir parler ainsi c'est faire une sottise.
LA RISSOLE
Eh ! mordië ! comment donc voulez-vous que je dise? Si vous me reprenez lorsque je dis des mais, Inegals , principals et des vices-amirals ; Lorsqu'un moment après , pour mieux me faire entendre, Je dis fataux , navaux , devez-vous me reprendre ? J'enrage de bon cœur quand je trouve untrigaud Qui souffle tout ensemble et le froid et le chaud.
MERLIX.
J'ai la raison pour moi qui me fait vous reprendre.; Et je vais clairement vous le faire comprendre : ^L est un singulier dont le pluriel fait aux ; On dit c'est mon égal , et ce sont mes égaux ; C'est l'usage.
LA RISSOLE
L'usage? Eh bien ! soit ; je l'accepte.
MERLIN
Fatal , naval, rcgal , sont des mots qu'on excepte. Pour peu qu'on ait de sens ou d'e'rudition , On sait que chaque règle a son exception ; Par conséquent on voit par cette règle seule...
LA RISSOLE
J'ai des démangeaisons de te casser la gueule.
S!ERLI?r.
Vous?
LA RISSOLE
Oui , patsandie' ! moi : je n'aime point du tout Qu'on me berce d'un conte à dormir tout de bout. Lorsqu'on veut me railler , je donne sur la face.
MERLIN
Et tu crois au Mercure occuper une place ? Toi ? tu n'y seras point , je t'en donne ma foi.
LA RISSOLE
"Mordië! je me bats l'œil du Mercure et de toi.
éo LE MERCURE GALANT.
P'our vous faire dépit tant à toi qu'à ton maître , Je déclare à tous deux que je nV veux pas être. Plus de raille soldats en auraient acheté Pour voir en quel endroit la Rissole eût cte ^ C'était argent comptant , j'en avais leur p.irole... Adieu , pays. Cest moi qu'on nomme la Rissole : Ces bras te deviendront ou fatals , ou fataux.
MERIilIV.
Adieu , guerrier fameux par tes combats navaux.
FIN DU QUATRIÈME ACTE
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