‹ Théâtre de CampistronChapitre 159 sur 302 · ACTE V, SCENE JV · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE JV

LE MARQUIS

Tous les mois de mes airs j^embellis le Mercure. Sil a ce grand débit dont chacun s'aperçoit, A parler entre nous , cVst à moi qu'il le doit j L'éclat que je lui donne en est la seule cause^

OROWTE.

Je crois vos airs fort beaux ; mais il faut autre chose : Qui ne veut que des airs achète un opéra.

LE MARQUIS

Parbleu î je vais gager tout ce que l'on voudra

Que dans tout Phaéton, quelque bruit qu'on en fasse ,

On ne verra point d"air que celui-ci n'eflace :

Vous vous y connaissez, et cela me suffit.

"D'ailleurs , ce que je dis ne s'est point encore dit j

La route que je tiens est fraîchement tracée :

Tout y sera nouveau jusques à la pensée 5

Et comme c'est un air à demi-goguenard ,

Je l'ai pris sur un ton entre doux et hagard.

Je voudrais qu'en cet art madame fût congrue ,

Il serait malaise qu'elle n'eût l'ame émue.

CÉCTLE.

Pour tous les airs nouveaux j'ai de la passion , Et je vais écouter avec attention.

LE MARQUIS

Je vous demande à tous une équitable oreille ; Les paroles et l'air n'ont coAté qu'une veille. (il chante.)

Tant que Ihiver a dure ,

Margot ma fait la grimace ;

Mon cœur n'a point murmuré

De voir le sien tout de glace.

Mais le printemps de retour,

Elle doit changer de note ,

Ou bientôt avec la sotte

J'enverrai paître l'amour.

Comment le trouvez-vous ?

OROWTE.

Fort nouveau.

LE MARQUIS

Je me pique

D'avoir dans runivers peu d'égau:s en musique.

Outre qu'avec plaisir les tons sont varies ,

Les paroles et Fair sont si bien maries ,

Qu^'il semble qu'on ait fait , sans préceptes frivoles ,

Les paroles pour Tair et Tair pour les paroles...

Vous faites tous des vœux pour un second couplet,

J'en suis sur ?

cécilt:.

Le plaisir en serait plus complet.

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