‹ Théâtre de CampistronChapitre 210 sur 302 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

AGENOR, DORIS.

DORIS

i^ 'allez pas sottement , pardonnez-moi ce terme, . (Mais dans votre dessein je vous trouve si ferme. J'appréhende si fort quelque coup de travers, Que je ne piends pas garde aux mots dont je me sers.^ N'allez pas irriter la douleur d'Euphrosine.

AGE.VOR

Quoi î son père me perd j Esope m'assassine j A me percer le cœur je les rois disposés ;

Tlt penJant ce temps-là j'aurai les bras croisés ?

Je veux bien me contrjiindre à Tégard de son père ,

Conserver du re-perl jn-'.pies dans ma colère,

Et sans êlre empoi té , ni paraître brutal,

INlonti'er qu'il me préfère un indigne rival :

Mais pour Esope , non. Quoi que jVn puisse craindre.

Je ne lui promets pas de pouvoir me contraindre.

Je prétends lui parler ; et , s'il en est besoin ,

Aller jusqu'à rinsulte , et peut-ttre plus loin.

Mon ardeur outragée est ce que je consulte.

DOT is.

Et que peut-on lui faire au-delà de Tinsidte? î'ût-il , plus qu'il ne Test , votre ennemi moi'tel , Je vous crois trop bon sens pour lui faire un appel. Ésope sur le pré serait un beau spectacle ! Éloignons son hymen 5 fo;mons-y quelque obstacle- C'est à quoi maintenant il s'agit de penser, Et non , par vos éclats , à le faire avancer. Monsieur le gouverneur est dans sa galerie. Voyez-le, parlez-lui- sa fdle vous en prie. li est seul. Son grand vice est d'éti e un peu têtu 5 Mais vous ne serez pas écouduit et battu. Tâchez à remuer ses entrailles de père : S'il ne rompt cet hymen , faites qu'il le diffère. J'aurais, si j'étais homme , ou du moins je le crois. Plus de virilité que je ne vous en vois. Courez. Quand le temps presse il est bon qu'on galope. Allez le voir.

AGEJfOR.

J'y vais ; et de là voir Esope.

Pour peu qu'il soit contraire à mes intentions. Je sens à le brusquer des dispositions. Je sais tout ce qu'il est, et tout ce qu'il peut être ; Mais de mon désespoir je ne suis pas le maître.

UORIS.

Gardez-vous...

AGEXOR.

Je ferai tout ce que je te dis.

DORIS

Ehj mon Dieu! croyez-moi, point de coup d'étourdi.

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