‹ Théâtre de CampistronChapitre 22 sur 302 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

COLLOJEAIN , LÉON , MARCÈNE.

coLLOJEAN , à part.

Quelle témérité ! quel discours! quelle audace 1 A mes yeux I

LÉOX.

Vous voyez, seigneur, qu'il nous menace; Ses chagrins , qu'il ne peut élever jusqu'à vous , Avec plus de fureur retomberont sur nous... Que dis-je? croyez- vous que ce prince s'arrête A faire sur nous seuls éclater la tempête ? Que je prévois de maux pour nos fils malheureux ! Qu'Audronic leur prépare un destin rigouieux !

MARCÈ>E, à ColLojean.

Je ne m'alarme point de tout ce qu'il peut faire ; Je prends peu garde au fils , s'il faut servir le père. Andronic me dût-il accabler le premier.

Seigneur, de ses desseins il faut vous défier : Son ame d'un refus eOltété moins surprise, S'il n'eût point médite quelque grande entreprise. Cani!)istron. 3

'^ ANDROISIC.

Irait-il donc chercher des peiii)lps révoltes , S'il ne voulait servir leurs nifidelités? Qui pourrait Tarracher du sein de sa patrie. S'il ne voulait contre elle exercer sa furie:' Et peut-être va-t-il, par Léonce engagé, Désobéir encore, et partir sans congé.

COLLOJEAA'.

Lui; partir sans congé î

MAncÈxr..

Seigneur, je Pappréhende.

C'est le seul Andronic que Léonce demande j Et , pour mieux attirer ce j^rince ambitieux, Il le flatte d'un rang qu'il n"a point en ces lieux. Les Bulgares, armés contre votre puissance, Seront bientôt remis sous votre obéisssauce j IMais qu'ils vous causeront et de peine et d'ennui , S'ils marchent contre vous sous un chef tel que lui , S'ils peuvent désormais braver votre colère , En opposant le tîls aux menaces du père , YA publier partout que leurs soins, leur valeur , Conspirent au salut de votre successeur !

lÉon , a Collojean.

Hélas ! en quels excès pourra-t-il se répandre , S'il se trouve en état d'oser tout entreprendre? Mécontent, et suivi de ces mêmes guerriers Que tfint d'heureux succès rendent déjà si fiers , Après avoir chez eux assuré sa puissance, Peut-être viendra-t-il l'établir dans Bysance. Un jeune cœur, heureux dans ses premiers forfaits, S'abandonne sans crainte à de plus noirs projets ^ Et , ne consultant plus qu'un flatteur qui le loue , Va jusqu'à présumer que le ciel les avoue. Il croit exécuter tout ce qu'il entreprend j Il n'est plus de dessein ({ui lui semble trop grand : Rempli de confiance, il court , triomphe , immole j Pour lui le sort se fixe , et la victoire vole ; Il gagne des soldats et l'estime et le cœur ; Les peuples à son nom sont glacés de terreur. .\insi, gardant sur tout un empire suprême -

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