‹ Théâtre de CampistronChapitre 271 sur 302 · LÉONIDE · texte numérisé non relu

LÉONIDE

Je suis pauvre , elle est riche : en faut-il davantage ? Elle a peur que ma vue infecte sa maison : C'est tout.

ÉSOPE

La pauvre femme a peut-être raison.

Rodope n'est pas seule en sa bonne fortune Qui d'un pauvre parent fuit la vue importune. Il n'est pas sous le ciel de gens plus maiiie'ireux Que ceux dont les enfans sont plus élevés qu'eux. Qu'un homme de finance ait anobli sa race , En l'avouant pour père on croit lui faii'e grâce ; Et qu'un riche marchand fasse un ills con-çiller, Ce fils, en le voyant, craint de s'encanailler. Un mépris infaillible est le digne salaire D'avoir plus fait pour eux que l'on ne d jvait faire ^ Et quoique tous les jours on éprouve cela , On retombe sans cesse en cette faute- là. Ce n'est pas envers vous tout-à-fait merae chose j Rodophe de son sort elle seule est la cause; Le jour qu'elle respire est votre unique don.

lÉoniue.

Est-ce un juste sujet de ne me pas voir?

ao8 ESOPE A LA COUR.

ÉSOPE

Non; Elle a dîi , vous voyant, avoir Tame ravie. Eh î que ne doit-on pas à qui Ton doit la vie ! Bientôt de ses raisons je vais être éclairci.

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