ACTE IV, SCENE I. 2i
Je renonce à vos biens si le plus grand de tous Consiste à me donner Esope pour ëpoux : Je a'en veux vraiment point.
ARSIIVOÉ.
Connais-tu bien Esope ?
LA) s.
Il ne faut pour le voir prendre aucun microscope ; De son hideux aspect on est d'abord frappe : Hors l'esprit qu'il a droit il a tout e'clopë^ Et quoique sa morale ait des traits admirables, L'hymen n'est pas un dieu qu'on repaisse de fables. Eo un mot , quelque e'poux qui me soit destine', Je le veux , si je puis , bien conditionne' , Que rien n'y manque.
AKSINOÉ.
Esope a l'esprit net , affable.
LAÏS
L'esprit net , il est vrai ^ le corps inde'chiffrable :
CTest d'une fort belle ame un fort vilain e'tui.
Que ferait-il de moi ? Que ferais-je de lui ?
Pardon si ma pensée est contraire à la vôtre ;
Mais il faut pour s'aimer être faits l'un pour l'autre :
Si l'époux que l'on prend n'a le don de toucher ,
La vertu de la femme est facile à broncher.
La mienne jusqu'ici ne s'est point démentie ;
De la contagion elle s'est garantie :
Je veux , s'il m'est possible , être femme de bien ;
Et si je suis à lui , je ne réponds de rien.
Préservez ma pudeur, qu'il rendrait chancelante,
D'une tentation qui serait violente.
Le voici. Justes dieux, détournez un tel coup !
J'aime mieux mourir fJle , et c'est dire beaucoup.