‹ Théâtre de CampistronChapitre 298 sur 302 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

ÉSOPE , TIRRÈA^E , TRASIBIILE , Gardes.

ÉSOPE

A Totre tour, messieurs ; vous ne dites plus rien. Tantôt vous souteniez, i)our me tirer d'affaire , Qu'une fable à propos eût été nécessaire 5 Je vous ai cru. Voyons , pour vous mettre en repos , Ce que vous me dii'ez qui puisse être à propos. Que vous avais-je fait pour vouloir me détruire?

TIRRÎlKi:.

Et que vous faisons-nous en cherchant à vous nuire ?

Plus tous vos ennemis attaquent vos vertus ,

Plus vous avez de gloire à les voir abattus.

Malgré tout le chagrin dont votre arae est saisie #

Vous êtes redevable à notre jalousie;

Aucun de vos amis , le fût-il à l'excès ,

!N'a travaillé pour vous avec tant de succès :

Quel honneur plus parfait voulez-voUs qu'on vous fasse?

ÉSOPE

Il est vrai : j'oubliais à vous en rendre grâce ; Je dois être content de vos bontés pour moi.

TRASIBULE.

Est-ce un crime à punir que de servir son roi ? Ayant su qu'un trésor, que l'on disait immense, Ptuivait de ce monarque itffaibUr la puissance ,

23^ ESOPE A LA CULK.

Pour ne le pas tialiir unus avons cru tievoit,

En fîJcics sujets le lui faire savoir :

Par bonheur pour Te'tat ce sont tics impostures ^

Au milieu des tre'sors vous avez les mains pures.

Puisse ifn si digne exeraiile un jour être à Fenvi

Par tous vos successeurs exactement suivi !

^ oilà le plus grand mal dont vous puissiez vous

plaindre.

Celui qui nous menace est beaucoup plus à craindre. Par une loi scvèie entre Cre'sus et nous , Kous ne possédons rien qui ne doive être à vous^ Slaîs cVst un faible appât pour une arâe si haute.

f.sO'?E.

Si mon mai n'est pas j;;fand ce n'est pas votre faute 5 De votre intention pleinement ecîairci , La mienne est d^imiter l'exemple que voici.

l'hoaime et la prcE.

Par un homme en courroux la pxîce un jour surprise , Touchant, pour ainsi dire , à son moment fatal , Lui demanda sa grâce , et d'une voix soumise : Je ne vous ai pas fait, dit-elle, un fort grand mal. Ta morsure , il est vrai , me semble un faible outrage^ Dit l'homme ; cependant n'espère aucun pardon : Tu m'as fait peu de mal ; mais j'en sais la raison ; C'est que tu ne pouvais m'en faire davantage.

Si j'eusse ete coupable et que j'eusse eu du bien . Est.-il un mal plus grand qne l'eût ete le mien ^ Je dois à votre insulte une ])eine aussi grande; Et mon honneur...

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