‹ Théâtre de CampistronChapitre 48 sur 302 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

ANDRONIC. ]l

Il est temps de s'armer d'une noble constance... "t.

Où se termine , helas ! toute mon espérance ? Sorti du plus beau sang qu'adore l'univers , Maître , dès le berceau , de cent peuples divers , Quand je crois m' affranchir de l'affreux esclavage , Dont le joug si long-temps fît gèniir mon courage; Quand les biens , les honneurs , la gloire , les plaisirs Devaient s'offrir en foule à mes premiers désirs , Je meurs ; et , dans le cours de mes jeunes années , Je vois d'un coup fatal trancher mes destinée*!... !Mais quoi ! toujours en proie à la rigueur du sort , Je ne puis de mes maiix sortir que par la mort î Il est à mon repos un si puissant obstacle , Qa'en ma faveur le ciel ne peut faire un miracle ; Et tant que je vivrais , brûlé des mêmes feux , Je Ferais criminel , ou serais malheureux. Furieux sans effet , amant sans espérance , Contraint dans mon amour , contraint dans ma ven-, geance ,

4S ANDRONIC

Pénètre de tendresse , agité de courroux , Sans oser signaler ni mes vœux ni mes coups... Ah î le ciel me devait être un peu moins contraire , Laisser libre du moins ma flamme ou ma colère , M'offrir un cœur pour ({ui tout le mien peut brûler Ou le sang d'un rival que je pusse immoler ! Eniin dans ces combats je ne saurais plus vivre , Et je dois rendre grâce au coup qui m'en délivre... Oui , je suis résolu... Mais que deviendrez-vous, Irène? De mon pèie évitez le courroux.

IVta mort vous coûtera de dangereuses larmes ^ L'empereur en prendra de terribles alarmes : Et que sais-je? peut-être en ce moment fatal. Il me condamne moins en père qu'en rival. Ah î penser accablant où mon cœur s'abandonne! Quel péril pour Irène , ô ciel ! s'il la soupçonne!... Princesse , que je crains que ses terribles coups , Après m'avoir frappé , ne s'étendent sur vous !.., Voilà ce qui m'étonne , et non pas le supplice î... Mais je touche au moment du fatal sacrifice... Ciel ! je t'offre ma mort ; apaise ta rigueur.. . Puisses-tu, loin de moi , porter ton bras vengeur I... Contre un barbare époux protège l'innocence ^ Ne te lasse jamais d'embrasser sa défense-

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