SCÈNE XII
COLLOJEAN , IRÈNE , EUDOXE , NARCÉE
IRÈNE , h Collojean.
Seigneur , avant ma mort j'ai voulu vous parler. Andronic est puni; je meurs empoisonnée... Vous l'avez soupçonné, vous m'avez soupçonnée : Une lettre aujourd'hui , tombée en votre main , A sans doute achevé notre sort inhumain ; Elle venait de moi. Je pourrais vous le taire , Puisque les traits étaient d'une main étrangère : Sans honte je l'avoue; et pourquoi le cacher? C'est le seul attentat qu'on peut me reprocher ; J'en atteste le ciel , ce ciel dont la puissance Au poids de nos vertus punit ou récompense. Ni votre tîls idmoi, jusqu'au dernier soupir, N'avoQS jamais formé de criminel désir; Il partait pour me fuir; à mon devoir fidèle, Mon cœur lui prescrivait une absence éternelle : C'est dans ce même temps qu'un sacrifice affreux
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A vos tristes soupçons nous immole tous deux. Ce jour à nos neveux va fournir une histoire, Un exemple d'horreur qu'ils auront peine à croire» Je ne vous dis plus rien ; j'ai consomme' mon sort : Je passe sans regret dans les bras de la mort, Puisqu'elle rompt les nœuds de l'hymen qui nous lie.
(k Eudoxe.) Eudoxe, ménageons cet instant de ma vie ; Otez-moi de ces lieux , et que je puisse au moins IV'avoir, en expirant, que vos yeux pour témoins ! ( Eudoxe et Narcée emmènent Irène. )