DOUA^TE
Moi?
célie.
Sans dou+e. D'où vient cette surprise extrême?
DORAINTE.
I\Ioi, je leur montrerais qu'ils m'ont rendu jaloux ?
cÉlie.
Eh bien donc ! j'aurai soin de leur parler pour vous.
DORANTE
Je ne puis que louer un si prompt sacrifice.
CÉLIE
Eh quoi ! ne faut-il pas que je vous ol>éisse ?
DORA\TE
Oui ^ mais on ne fait pas toujours ce que l'on doit. Rien né vaut le plaisir que mon ame reçoit.
CÉLIE
IVon, non, ne doutez point que je ne vous délivre De tous ces importuns attachés à me suivre.
DORANTE
Boni
CÉLIE
Je les instruirai de vos intentions.
Comment ?
Ils apprendront vos résolutions^:
8o LE JALOUX DESABUSE.
Je leur déclarerai quel est votre scrupule,
DORAÎVTE.
Vous voulez me charger d'un pareil ridicule ? C'ost tout ce que je crains.
CÉLIE
Comment faire autrement ?
DORANTE
Prendre sur vous IVclat de leur bannissement, Les fuir , les dégoûter enfin sans me commettre.
CÉLIE
Pour cela , c'est un point que je ne puis promettre.
DOfiASTE.
D'où vient?
CÉITE.
Je ne veux point qu'on reproche à mon cœur L'impertinent défaut d'une bizarre iiumeur ; Je TU' veux point passe)' pour une extravagante. J'esKme ces messieurs , et j'en suis trop contente j Lcu entretien me plaît ; je les ai bien reçus : Je ne me saurais pas démentir là-dessus.
DORASTE
\ ous ne le ferez point ?
CÉLIE
Non; je vous le proteste.
Madame....
CÉLIE
Eh bien î monsieur?
DOdANTE.
Voyez.
CÉLIE
Je vois de reste.
Qu'est-ce ? •
DORANTE
Ah ! j'ai mal connu votre perfide cœur ! INIorbleu !
CÉLIE
C'est donc ainsi qu'on m'outrage, monsieur? Allez... loin de me faire une pareille ofi'ense ,