‹ Théâtre de CampistronChapitre 72 sur 302 · SCENE in · texte numérisé non relu

SCENE in

DOKANTE , CÉLIE , ÉRASTE , CLITANDKE , JUSTINE.

Éraste, a Dorante , en V embrassant.

Chez toi nous courons à grands pas.

Notre ami , Ton ne peut, en quelque part qu'on aille , Trouver pour le commerce un homme qui te vaille. Clitandre te dira qu'hier , en vingt endroits, On loua ta maison d'une commune voix : Ce n'est qu'ici qu'on goûte un plaisir ve'ritable.

CLiTANDRE, h Dorante.

Il n'est point dans Paris de lieu plus agréable.

CÉLIE

Vous nous flattez , messieurs.

CLITANDRE

Non , madame.

ÉRASTE

Pour moi , Quand je vous parle ainsi , c'est de fort bonne foi.

Je vous suis oblige'.

82 LE JALOLX DESABUSE.

ÉRASTE

Mon ami, tu sais vivre ; Dans le monde tu sais le parti qu'il faut suivre. J^ viens de chez Danion.

CLITANDRE

L'impertinent "alouxî i.KASTE, a Dorante.

J^ai manqué , je Tavoue , à me mettre en courroux il ne saurait souffrir qu''on regarde sa femme ; Tous les soins qu'on lui rend le percent jrtsqu''à Tai

JDSri^E.

Le fat!

ÉRASTE

J'aipris plaisir à le faire enrager.

JUSTINE

Que c'est bien fait !

cÉlie , regardant tendrement Dorante.

Pourquoi ne le pas ménager?

Il faut a^■oir pitié du mal qui le dévore.

ÉRASTE

il faut, quand on le peut, le redoubler encore... Je gage que Dorante est de mon sentiment... Parle : ne doit-on pas le faire ?

DORAivTE , auec embarras.

Assurément... (<7 ]jart. ) Ciell

CLITANDRE

Un mari jaloux est une sotte bete !

DORANTE , a part.

J'enrage !

ÉRASTE , riant.

Lorsqu'il a ses visions en tête , Et que l'on est témoin des chagrins qu'il ressent , Cest de tous les objets le plus divertissant.

DORANTE , a part.

Je crève î

cÉlie, a Eraste , en riant.

Il est certain qu'il donne bien à rire.

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