‹ Théâtre de CampistronChapitre 74 sur 302 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

CÈLIE, ERASTE, CLITANDRE, JUSTIIXE.

ERASTE

Où court-il ?... Que penser Je cette promptitude ?

CLITANDRE

Il m'a paru frappé de quelque inquiétude.

JUSTINE

Madame , vous i-iez?

CLITANDRE

De grâce, expliquez- vous.

CÉLIE

Enfin nous le tenons.

Éraste.

Comment ?

CÉLIE

Il est jaloux.

Bien loin de pénétrer nos secrets artifices , Il croit que tous vos soins sont de vrais sacrifices ; Qu'Eraste, que Clcon m'aiment de bonne foi :

Tout ce qu'il voit enfin lui donne de reffroi.

Il vient de me montrer les transports de son ame ,

Ses soupçons, ses terreurs , son trouble...

JUSTINE

Eh bien ! madame ; Mes conseils sont-ib bons ? en doit-on faire cas ?

CÉLIE

Assure'ment.

JUSTIME.

Allons , ne nous relâchons pas • Travaillons , redoublons la soupçonneuse crainte Dont monsieur votre e'poux a déjà Tame atteinte j Qu'Eraste , sur vos pas attache chaque jour , Lui fasse voir pour vous un violent amour; Paraissez avec lui toujours d'intelligence ; Employez de vos yeux l'éloquente science; Soutenez que tous ceux dont Dorante est jaloux Viennent chercher ici sa sœur , et non pas vous ; Qu'elle seule est l'objet de leur galanterie , Et que pour les chasser il faut qu'il la marie : Je garantis dans peu Clitandre satisfait.

CLiTANDRE, à Celie.

Oui , sans doute , nos soins auront un prompt effet. Madame , que j'aurai de grâces à vous rendre î Mon sort est en vos mains , mon bonheur...

CÉLIE

Mais Clitandre,

L'araitie' que le sang a formée entre nons , Me fait bien hasarder pour Julie et pour vous; Car , sans être perfide enfin , ni criminelle , Je cause à mon e'poux une peine mortelle. Me pardonnera-t-il son trouble , sa douleur?

JUSTINE

N'est-il pas trop heureux de n'avoir que la peur ? Ah ! combien de maris , de la plus haute classe , Pour les mêmes terreurs voudraient être à sa place ! Quelle sera sa joie au moment qu'il sera Hautement détrompe sur les soupçons qu'il a î Enfin ne doit-on pas punir son avarice ,

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