SCÈNE Vin
oé est —£ •■ ■§< • 4oi
doSa catauna, mugnoz.
mSGKùZ. (U pose le Uit sur la Uble. A part.) De fnrofundis ! Et
de deux.
DONA CATALiNA. Comment se porte ma mère?
MUGNOZ. Très»-bien.
DONA CATALiNA. Jc sais qu'elle a étë malade. Qu'on me dise la vérité.
MUGNOZ. Voilà Yoire déjeuner. n sort.
DONA CATAUNA seule. Misérable scélérat!... Ma pauvre mère! Je ne sais quelles idées atroces m'assiègent... Oh ! non... cela est impossible... Don José... un tel crime est encore loin de son cœur. .. Pourtant... comme ses yeux étaient farouches quand il la regardait... Non... il n'oserait... mais... Pauvre mère ! elle est seule^ j'en suis sûre... Ils la laissent sans soins... Ils la laisseront moiu*ir... Et je ne puis être auprès d'elle . . . Les misérables ! ... Ah ! don Alonso, et toi aussi^ m'aurais-tu donc abandonnée! Mais que pourra-t-il faire pour ma délivrance... et lui-même est-il vivant?... mon Dieu^ n'auras-tu donc pas pitié de moi!... Je donnerais toutes les années de ma vie pour un jour de liberté !... Ah ! (Elle cache sa tète dans ses mains.) je ne puis penser... Si je pouvais do|^ir!... Pas un instant de relâche... à mes angoisses... Je ne puis lire... Quelle horreur ! m'ôter des livres pieux et m'enfermer avec ces livres damnables ! Hélas! je n'ai jamais eu un instant de bonheur depuis que
je suis au monde... (On entend un bruit confus au dehors.) Qu'eu-
tends-je? me trompé-je? N'est-ce pas là le cri de guerre des Indiens?... Non. Tout est tranquille... Rien... C'est le vent... Gomme mon cœur bat!... Non. Je me trompe encore... Je suis tellement fatiguée par mes pensées et mes veilles, que je crains dé devenir folle... Souvent il me semble entendre parler tout haut dans ma prison... Ma pauvre
tête est bouleversée... (EUe s'assied devant la table dans le plus grand
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tbattMBêBi.) Oui^ Je le sens... je deviens idiote... me Toici enixire à compter les pailles de cette natte... (Elle m lèTe împétoensement.) C'est cc qu'il Tcut^ parce qu'alors je serais à sa merci. Jésus ! Jésus! aie pitié de moi! donne-moi du
courage! (Elle m met à genouiet prie. Se relerast.) Que Tair est
épais ici ! et ce petit carré de ciel que je puis apercevoir^ comme il est d'un brillant azur! (Elle se rassied ) Ah ! ma tête est en feu! (EUe regarde le lait.) Ils me traitent comme je traitais ces animaux que je nourrissais en cage. Si jamais je suis libre^ je leur rendrai la liberté à tous. (EUe prend la tMee
•I fait le signe de la croix, puis elle éloigne la tasse tout d'un coup.) Mais
j'allais faire un péché... c'est aujourd'hui jour déjeune, et, au soleil, il n'est pas encore midi. Depuis cinq jours que je suis dans cette prison, j'ai peut-être oublié d'observer les jours de jeûne. (EUe compte sur ses doigts.) Oui, je dois jeûner aujourd'hui, (atcç humeur.). Encore cette privation! Ce lait me fait envie... Un instant plus tôt... Misérable que je suis! un péché de gourmandise dans ma position!... Ah ! que le malheur abaisse les sentiments!... Pour me punir je veux le répandre jusqu'à la dernière goutte. (Elle verse
lentement le lait dans une caisse d'arbuste.) J'ai fait quelque chose
de bien; je viens d'éviter un péché, et cela me soulage. (Bruit dehors.) Ah ! je ne me trompe pas cette fois !... Un coup d'arquebuse ! Il vient me délivrer... Encore un ! encore un !... Le cri de guerre des Indiens ! je l'entends ! Alonso I
Alonso ! -• Ah ! (Elle fuit an bout de la chambre en voyant entrer don José.)
Don José ferme la porte, jette la elef par la fen£tre, pvii regarde là fasse
vide.
iKM« JOSÉ. Démons, vous allez avoir une comédie digne de vous ! Le ciel, qui me donna le cœur d'un père, le ciel peut parler maintenant; mon élixir parlera plus haut.
DONA CATALiNA. Au sccours ! au secours !
Boif JOSÉ. Tes cris sont inutiles I
DONA CATALINA. Nc m'approchcz pas I
Les eris et les coups d'arquebuse se rapproebent.
DON JOSÉ. Ils vont entrer; mais ils viendront trop tard.
n i^élance sur doSa Catalina, qai se débat quelque temps entre ses bras. En le repouasant» elle sent la poignée de ta daguei elle la saisit et frappe •on père.
boSa éAt\U!«X. fe sais sattvéé !
iUe fait jusqu'au Aidr lè pTus éloigné de dot 70aé,'et feifté 1ii^<AfiIê,ià dagne langlaate à la mate, et regardait son )pètt d'tm &ir liaglM.
ton JOSÉ tenTerfé. îù «S tué toii père^ ttiséncble!... taiS bien ïna fille... mais tn mé surpasses i^iX^rê... Va... Je %& maudis... et Je vais là-bas... préparer ton suppliée... Tiensi c'est le sang de ton père!...
Il Mcone M main sanglante vers elte'; Té tumutlé ftagméste. On frappé à
grands coups e<Miti^ la porte.
t>oM Xlonso derrière la seèné. Frappez 1 énfollcéi là fwrtel :
ta porte est enfoncée ; entrent don Alonso, le èaciqùe, Ingol, Eqpagaots et
tndiens armés.
t)0!« AtoNso. Kabien-àlméeT... Weuî que Y0!9*}et DON JOSÉ. Espagnols^ vengez un père assassine..^ {^^ fille... La voici... la parricide...VengeZ-moi.,*venge2^rnoi!...
*tï ÔKurt.
DOH AtONSO. tîûe dit-il t LE CACiQUC nest mort 1 tw ESPAGNOL. Elle est couverte jàe sang) OH AOTAE ESPAGNOL. EUetieot «Q60i!e ift dagiMi toute san* glafite.
tKm AL0NB6. GatàHiia.
jDONA CATAL1NA. Ne m'approcîiet j^t DON AïONSO. Xîui Ta tué ?
DONA CATALiNA. Uol. Fuye^là pàrriciàè...
voos. £lle a tué .a&a père!
DON ALONSO. Vous^ Gatalina> vous!
UN ESPAGNOL. Uno arq[ùebtLsai!& dans là )^e^ ^^a$)l ce qu'elle mérite.
Don Alonso fait nu pas vers Catalina, et s'^àrrlSft^ deVantte cadayre..
DON ALONSO an cacique. Cacique».. adieu..« conduises cette malheureuse où elle voudra se retirer .«. Adieu» vousmeme
reverrez plu^* II lerre la main d^Iiigo] et iffft; )es E^ftgnolsle sulyent.
LE CACIQUE. Les voilà^ ces blancs^ ces fite ai|iéi4e Aîeu, £Omme aous disent les robes aoire$4
Itagol saisit doiia CatiDhmpar les c)ieveûic,'ét lïfvè InM ioa&dtète pour loi
couper la tête.
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iNGOL. Meurs^ toi qui as tué ton père.
LE CACIQUE rarrètant. Notre aiui veut qu'elle vive : elle vivra, le cacique le veut ainsi. — Femme^ où faut-il te conduire ?
DONA CATALiNA après un silence. Meuez-moi daus la forêt.
LE CACIQUE. Mais. . . tu y seras bientôt dévorée par les tigres.
DONA CATALiNA. Plutôt des tigres que des hommes ! Partons !
Elle marche d^un pas ferme vers la porte ; mais, en passant devant le cadaTre, elle pousse on cri perçant et tombe sans connaissance.
iNGOL. Ainsi finit cette comédie et la famille de Carvajal. Le père est poignardé^ la fille sera mangée : excuseji les fautes de Tauteur..