DON ESTEBAN, LA DUCHESSE
LA DUCHESSE. Cher ami^ pourquoi cette tiistesse ? T^ $ér raiine ne peut-elle te distraire de ta méla^nçolie ?
DON ESTEBAN. Ave^ uue coDscieiice comme la imeuioe... on ne peut être gai.
LA DUCHESSE. Tu deviais aller à la chasse^ te éistraire un peu.
son ESTEBAN. Le gouverneur d'Avis est41 rentré eao Espagne?
LA DUCHESSE. Je Timagine.
DON ESTEBAN. Sais-tu si la capitulation a oté religieuse* ment observée ?
LA DUCHESSE. Sans doute.
DON ESTEBAN. J'en SUIS bien aise. — Séra^e, quittons Elvas. Les souvenirs de cette auberge me tuent. Plût au ciel que nous fussions ensemUe dans les déseils de TAmér rique !
LA DUCHESSE. Elvas ne me rappelle que des souvemrs d'amour. Mais au lieu des déserts de l'Amérique^ avec votre permission nous ferotns mieux d'aller à Lisbonne.
DON ESTEBAN. Nous ven'ous. — Je vais faire une promenade à cheval. — Tu viendras avec moi?
LA DUCHESSE. Nou^ jo suis fdtiguée je vais &ire la
sieste.
DON ESTEBAN. Dou César... où est-il?
LA DUCHESSE. Jaloux inconigiblc !... à Avis sans doute.
DON ESTEBAN. Moi^ te soupçonufir, Sérafine !... loi qui m'as donné tant de marques d'amour! — Je vais galoper un peu. C'est quand le vent siffle à mes oreilles, et m'étourdit en tourbillonnant autour de moi, que je suis le plus tranquille. — Adieu. li sort.
LA DUCHESSE seule. Adicu, mou âmc. — Pauvre benêt ! Qu'un homme sans caractère est méprisable! J'ai cru
JOURNÉE Ht, SCÊHE IV. tss
d'riMrd qu'os en povorrait faire quelque cbose; mais il A les idëed trop étroites pour devenir jamais le compagnon de Sérafine. — Parfois il me fait pitié... mais^ si Ton fai* sait attention à ces êtres faibles^ on manquerait ses nc^lesi projets.
Olivarès ! tu m'as chassée de Madrid. Je ^is entrer dans Lisbonne en triomphe ! Oh ! maintenant je puis m'aban* donner à toute mon ambition. Je ne vois pas encore les homes de mon pouvoir naissant. — (rhorioge «oime.) Si tard !... H devrait être ici !
DON GÉSAR entrant. Le VOici.
LA DUCHGSSE. Entrez, César, Pompée est éloigné.
DDR GÉSAR. Ma reine admire ma ponctualité, l'arrivé d'Avis au galop ; et, sans me donner le temps de respirer» j'accours vous enlever.
LA DucsESSE. Notro homme s'inquiète beaucoup de la garnison espagnole d'Avis.
M)N CÉSAR. 11 a raison, vive Dieu ! Que je ne sois pas chevalier si les paysans de l'Alentejo et du Beira en laissent rentrer un seul en Espagne !
lA nucHESSE. Voilà qui est affreux, don César! — Prenezmoi ce voile. — Les chevaux sont-ils à la voiture?
DON CÉSAR. Oui, ma toute charmante.
LA DUCHESSE. Eh blcu ! parions. Donnez-mot la main.
Ik lorteiit.