‹ Théâtre de Clara Gazul, comédienne espagnole suivi de La Jacquerie, scènes féodalesChapitre 156 sur 159 · DE CARVAJAL · texte numérisé non relu

DE CARVAJAL

(oire, et vous verrez ce qu'ils ont fait. Il y en a plus de deux cents à deux portées d'arquebuse de votre porte; et le pis est que j'ai vu parmi eux une vingtaine de blancs , que don Alonso a sans doute amenés.

don josé se parlant à lui-même. Hier j'ai eu quarante-six ans accomplis. Mon temps est venu.

mugnoz. Voilà le grain qui nous prend par Je travers, il s'agit de tenir la barre. Qu'ordonnez-vous?

don josé. Ils ne ?ont que deux cents, dis-tu?

mugnoz. Par la fressure du pape! en voilà bien assez pour nous couper le cou à tous tant que nous sommes. Savez-vous comment font les Indiens pour couper le cou à un honnête Espagnol? Ils lui mettent un pied sur l'estomac; d'une main ils lui tiennent les cheveux. — Deux coups de machète 8 , et la tète leur reste dans la main.

don josé d'un air distrait. Il faut armer mes nègres.

mugnoz. Je n'ai pas attendu votre ordre, monseigneur. Mais les drôles font déjà piteuse contenance. Ils palissent sous leur peau noire. Ah! si j'avais seulement deux fauconneaux pour défendre la porte!... seulement ce canon de chasse que nous jetâmes à la mer dans cette fameuse tempête qu'essuya le Mombar !

don josé à part. Une heure de plaisir. — Ensuite l'enfer. — Peut-être, rien. ( Haut.) Je vais encourager mes gens. ( // sonne ; à un nègre qui entre.) Apporte une jatte de lait. (Le nègre sort. Mugnoz regarde don José avec ètonnement.) Mugnoz, tu prendras le commandement de mes esclaves. Tu tiendras pendant une heure, je le veux. J'irai te rejoindre dans une heure, et nous les chasserons, ou nous mourrons ensemble. ,

mugnoz. Mais, monseigneur...

don josé. Point de réplique ; nos murailles sont hautes. Des Indiens armés de flèches t'épouvantent! Drôle, il y a dix ans que tu n'aurais pas eu peur si je t'avais ordonné de sauter à l'abordage devant un canon chargé jusqu'à la gueule.

mugnoz. Eh bien! je me ferai tuer! N'en parlons plus. Le nègre rentre, pose te lait sur une table et sort.

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iio.n josé. Viens i» i ; tourne la cuiller pendànl que j serai coiic liqueur dans le lait.

// tire un flacvn de sow sôin et en \ ersê quelques goui dans h lait : puis il le serre avec soin.

mtgnoz '/ pari. Il tretftble, cependant.

n<>\ jn-î;. Je \;n< faire ma ronde. — Porte ce laij lille. Voici l'heure de son déjeuner. — Attends. — .1*' n luire de cette épée. Prends-la. Que i'' ki retrouve -initie avec mes pistolets chargés. liens.

// ntosun ceinturon et renn ! son êpèe a Mugnoz. Sa 1

sort du fourreau 9 et tombe par lentë-,

mitgnoz ta ramassant. La voilà, cette dague qui faisi de peur à dona Agûstina. Prenez garde, elle ne tien

au fourreau.

don josk. Telle qu'elle est, elle me servira encore S d'huL [Il la nn-t dans son soin.) — Mugnoz, tu es sûr <

fille n'ii plus son poignard?

mugnoz. Oui, monseigneur; Flora la muliUresâe *

donné, vous le savez bien.

don .iosk se frappant le front. Je deviens un lâche ! — Va porté le lait, lundis que je vais parler à mes iren-.

mic.noz a part. Cela prend une mauvaise tournure po nous.

Ils sortent.

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