‹ Théâtre de Clara Gazul, comédienne espagnole suivi de La Jacquerie, scènes féodalesChapitre 38 sur 159 · SCÈNE AI · texte numérisé non relu

SCÈNE AI

inès. Seigneur!... au nom du ciel! laissez-moi ! laissez-moi ! il le faut.

don esteban s'avançant vers elle. Qu'avez-vou9? vous mo désespérez! Pourquoi cette frayeur?

ineS. Ne me touchez pas! vous allez vous souiller!

don esteban. Ce malheureux Mendo lui aura troublé l'esprit! Il ne me manquait plus que cela. Inès, pas d'enfantillages... est-ce que vous ne m'aimez plus?

inès. Oh si!... c'est plus fort que moi,., mais... tenez, prenez ce papier sur cette table, et laissez-moi. don esteban. Allons donc! pourquoi cette peur de moi! ïnbs. Je ne puis plus vous aimer.

don esteban. Encore vos scrupules ! vous vous plaisez à me taire enrager. Voilà pour vous punir. [Il l'embrasse de force.)

inès. Ce n'est pas ma faute : vous m'avez embrassée de force; je- n'ai pu vous avertir plus tôt... tenez, voilà qui va vous instruire... (Elle lui donne la lettre. Don Esteban lit; sa figure s'altère rapidement; Inès se jette à ses genoux en pleurant. Don Esteban reste quelque temps comme accablé. Tout d'un coup il déchire la lettre, et, se débarrassant avec violence des bras d'Inès, il la fait tomber.)

inès. Ah!

don esteban la relevant. Inès? t'ai-je fait mal?

inès. Oh! vous m'appelez encore Inès! laissez-moi vous baiser les pieds.

don esteban. Malheureuse enfant! quel crime as-tu donc commis pour te prosterner à mes pieds !

inès. Je ne l'ai su que tout à l'heure ; et, si je l'avais su plus tôt... je ne vous aurais pas laissé m'aimer.

don esteban. Pauvre Inès! Et je cesserais de t'aimor! N'estu donc plus la même Inès qui m'a tant charmé !

inès. Je ne pourrai jamais m'empècher de vous aimer.

don esteban. Sots préjugés ! dois-je vous sacrifier mon bonheur? Ombres de mes ancêtres ! je briserai mes armoiries plutôt que de renoncer à cette fille 1

inès. Vous ne me méprisez donc pas! vou9 me ferez mourir de joie.

124 LNfcS MENDO.

don esteban. Je t'aime , je t'aime comme auparavant.

inès pleurant. Esteban... non, vous ne pouvez m'aimer, vous êtes un Mendoza.

don esteban. Je suis ton amant... j'aime mieux être ton amant qu'un gentilhomme.

inès. Oh! je voudrais mourir maintenant! Je ne déshonorerais pas celui que j'aime.

don esteban. Hé! que m'importe l'opinion des hommes? vaut-elle ton amour? [Voyant qu'Inès saigne.) Tu saigrtes, mon amie , et c'est ma violence qui t'a fait tant de mal. Ma bonne . Inès, laisse-moi te guérir à force de baisers.

inès. Ah! je suis trop heureuse! [Elle se jette dans ses bras.)

Entre le greffier avec les paysaîis armés.

le gbêffier touchant don Esteban avec sa rare 6 . De par le roi, respect à la justice. Seigneur Mendoza, vous êtes mon prisonnier. Rendez-moi votre épée.

don esteban. Canaille, attendez-moi.

le greffier. A moi , mes amis!

inès. Au secours! mon père, au secours!

Don Esteban est désarmé.

don esteban. Adieu , chère Inès! n'aie pas peur, cela ne sera rien.

On Vemmène.

inès. Au secours ! au secours ! (Elle s'évanouit.)

mendo entrant Vèpée à la main. Qu'est-ce? qu'y a-t-il?

le greffier. Rien qu'un homme qui en a tué un autre, et que je fais prendre.

mendo. Ma fille !

le greffier. Mademoiselle était sur les genoux de ce monsieur quand je suis entré... il est bien naturel...

mendo le menaçant. Coquin !

le greffier. Si vous me frappez, j'en ferai mon rapport à l'alcade. — A propos, Mendo, vous nous aviez caché que...

mendo. Sors d'ici!

le greffier. Vous aurez de l'occupation bientôt, Juan

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