‹ Théâtre de Collin d'Harleville (volume 2)Chapitre 13 sur 340 · Cette pièce mt d'abord jouée en cinq actes · texte numérisé non relu

Cette pièce mt d'abord jouée en cinq actes

FLORIMOND

La garnison, Grispin? Je quitte le service.

GRISPIN.

Vous quittez?... Quoi, monsieur, par un nouveau caprice?

FLORIMOND

Je suis vraiment surpris d'avoir, un mois entier, Pu supporter Tennui d'un si triste métier.

GRISPIN.

Mais j'admire en effet votre persévérance : Un mois dans un état ! quelle rare constance ! Depuis quand cet ennui?

FLORIMOND

Depuis le premier jour.

J'eus d'abord du dégoût pour ce morne séjour. Dans une garnison, toujours mêmes usages, Mêmes soins, mêmes jeux, toujours mêmes visages. Rien de nouveau jamais à dire, à faire, à voir : Le matin on s'ennuie, et l'on bâille le soir. Mais ce qui m'a surtout dégoûté du service, C'est, il faut l'avouer, ce maudit exercice. Je ne pouvais jamais regarder sans dépit Mille soldats de front, vêtus du même habit. Qui, semblables de taille, ainsi que de coiffure. Étaient aussi, je crois, semblables de figure. Un seul mot, à la fois, fait hausser mille bras ; Un autre mot les fait retomber tous en bas : Le même mouvement vous fait, à gauche, à droite, Tourner tous ces gens-là comme une girouette.

Cependant...

FLORIMOND

Je pourrai changer d'habillement, Et ne te mettrai plus...

GRISPIN.

Je vous plaignais, vraiment.

Touchant l'habit do son maître.

Pauvre disgracié ! va dans la garde-robe

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