‹ Théâtre de Collin d'Harleville (volume 2)Chapitre 141 sur 340 · ROSE, ANGÉLIQUE, M. DE PLIN VILLE · texte numérisé non relu

ROSE, ANGÉLIQUE, M. DE PLIN VILLE

ANGÉLIQUE

Mon père, vous semblez fâché?

M. DE PLIN VILLE

J'en fais l'aveu.

Oui, je sens qu'en ce monde il faut souffrir un peu. Morinval vient de faire une action nouvelle. Aussi belle que l'autre, et peut-être plus belle... En faveur de quelqu'un qui ne te déplaît pas, Ma fille... et dont je fais moi-même un très-grand cas. Mais, par malheur, ce plan ne plaît pas à ta mère. Nous la pressons en vain : elle a du caractère. De là quelques débats : moi qui n'y suis point fait. J'ai laissé Morinval défendre son projet, Et je viens respirer.

ANGÉLIQUE

Et ne pourrai-je apprendre..

M. DE PLIN VILLE

Pas encore. Avant peu, ma femme va se rendre ; Car elle a de Fesprit. Puis, tour à tour, il faut L'un à Fautre céder : moi, j'ai cédé tantôt. A vendre cette terre elle était décidée : J'ai, quoiqu'avec regret, adopté son idée.

ANGÉLIQUE

Vous avez consenti ?

M. DE PLIN VILLE

Mon enfant, que veux-tu?

Moi je suis complaisant, c'est ma grande vertu. Nous irons à Paris. Les champs, la capitale. Toute demeure , au fond, pour le sage est égale.

ANGÉLIQUE

Partout où vous serez, je serai bien aussi, Mon père.

ROSE

Cependant, nous étions bien ici.

M. DE PLIN VILLE

Mais avec Morinval je la vois qui s'avance. S'ils pouvaient tous les deux être d'intelligence ! Nous serions tous contents.

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