‹ Théâtre de Collin d'Harleville (volume 2)Chapitre 16 sur 340 · ACTE I, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE II

FLORIMOND

Oui, mon cher hôte, Très commode.

CRISPIN

Pourtant, ma chambre est un peu haute.

FLORIMOND

Je me trouve fort bien.

M. PADRIGE.

Je vous suis obligé.

Il le faut avouer, je n'ai rien négligé Pour réunir ici Futile et Tagréable ; Et vous voyez...

CRISPIN

Au fait, avez-vous bonne table?

M, PADRIGE, à Florimond.

Sans vanité, monsieur, je puis dire, entre nous, Que je n'ai guère ici que des gens tels que vous.

CRISPIN, 8'inclinaiU.

Ahl...

M. PADRIGE.

Des Bretons, surtout. C'est Brest qui m'a vu naître, Et, Dieu merci, Padrige a l'honneur d'y connaître Assez de monde : aussi l'on s'v fait une loi. Quand on vient à Paris, de descendre chez moi ; Et c'est du nom de Brest que mon hôtel se nomme.

Ce bon monsieur Padrige à l'air d'un galant homme.

M. PADRIGE.

Monsieur... vient donc de Brest?

FLORIMOND

Oui.

M. PADRIGE.

J'ai, dans ce moment, Une dame qui vient de Brest aussi.

FLORIMOND

Gomment?...

26 L'INCONSTANT. i

M, PADRIGE.

Une Anglaise.

FLORIMOND

Une Anglaise ?

M. PADRIGE.

Oui, monsieur, très jolie^ Pour tout dire, en un mot, une dame accomplie, Femme de qualité, qui voyage par goût.

Veuve depuis trois ans : Lisette m'a dit tout.

GRISPIN.

Lisette ! Cette Anglaise a donc une suivante ?

M. PADRIGE.

Eh ! oui ; je Tai donnée à madame...

Et charmante, Sans doute?

M. PADRIGE.

On ne peut plus.

GRISPIN.

Je vois ce qui m'attend :

Cette Lisette-là va me rendre inconstant.

FLORIMOND

Eh 1 mais... à tous ces traits je crois la reconnaître; Car... Depuis quinze jours elle est ici peut-être ?

M. PADRIGE.

Oui, monsieur.

FLORIMOND

M'y voilà : c'est elle assurémenl, C'est Éliante même.

M. PADRIGE.

Eh ! monsieur j justement.

FLORLMOND.

Eliante en ces lieux ! Rencontre inespérée ! Conduisez-moi chez elle.

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