ACTE II, SCÈNE V
MADEMOISELLE d'ORFEUIL.
Ah! quelle dillérence!
JUSTINE
Écoutez donc : au fond.
Vous auriez pu déchoir encore davantage ; Car, après tout, celui qui vous reste en partage Kst aimable...
Un tel mot est bien vague à présent .
De séduisants dehors, un babil amusant, Dans le monde, voilà ce qui fait Tliomme aimable ; Et Florville, à mes yeux, serait fort agréable. Si Florville, pour moi n'était qu'un étranger : Mais c'est comme un époux que j'ai dû le juger. Dans son époux, Justine, on a bien droit d'attendre Un esprit droit, solide, un cœur sensible et tendre; Et je ne trouve point tout cela dans le mien.
JUSTINE
Qui vous l'a dit enfin ?
MADEMOISELLE d'ORFEUIL.
Eh ! tout son entre lien.
Quelle légèreté !
JUSTINE
C'était un badinage :
Il fallait bien ainsi jouer son personnage.
MADEMOISELLE d'ORFEUIL.
Va, va, le caractère enfin perce toujours ; Et je le juge, moi, par ses propres discours. Comme lui, vains, légers, inconséquents, frivoles. Tiens, il s'est peint lui-même en fort peu de paroles : Amant fort agréable^, et fort mauvais époux.
JUSTINE
C'est le juger, je pense, un peu vite, entre nous. Il se peut bien qu'ici vous vous soyez trompée. D'un beau portrait votre ame était préoccupée. Attendez donc du moins un second entretien, Et vous verrez alors...
Allons^ je le veux bien.