‹ Théâtre de Collin d'Harleville (volume 2)Chapitre 205 sur 340 · M. DE FI.ORVII.LK · texte numérisé non relu

M. DE FI.ORVII.LK

Eh! oui. La feinte e>;t inutile.

Vous êtes libre encore, et moi je suis Florville.

MADEMOISELLE d'ORFEUIL.

Vous Florville?

M. DE FLORVILLE

Moi-même. Ah I daignez m'excuser, Si, pour observer mieux, j'ai pu me déguiser. Je vous aimai, sans doute, à la première vue. Pour un autre déjà je vous crois prévenue. Dès lors, sacrifiant mes droits et mon amour, Je pars. On me rappelle : ô trop heureux retour ! Un seul mot me rassure, et je puis donc encore Vous dire qui je suis et que je vous adore.

MADEMOISELLE d'oRFEUIL.

Qu'entends-je! eh quoi? c'est vous qui m'étiez destiné?

A part.

Se peut-il? Ah! mon cœur l'avait bien deviné.

Haut.

Je puis donc espérer (mon bonheur est extrême) D'être enfin à celui que j'estime et que j'aime.

M. DE FLORVILLE

J'étais aimé ! qu'entends-je ? et c'est l'autre étranger Qui me rappelle ici ; j'étais loin de songer...

MADEMOISELLE d'ORFEUIL.

Et c'est lui-même aussi qui dans ces lieux m'envoie.

M. DE FLORVILLE

Son sort, en ce moment, empoisonne ma joie. Du désespoir je passe au comble du bonheur ; Et mon ami perd tout, en perdant son erreur.

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