‹ Théâtre de Collin d'Harleville (volume 2)Chapitre 230 sur 340 · LES MÊMES, THOMAS · texte numérisé non relu

LES MÊMES, THOMAS

M. DE CRAC, à Thomas-

Mes lettres?

THOMAS

Eh ! monsieur, vous demandez toujours Vos lettres; je n'en vois pas une en quinze jours.

M. DE CRAC

Mais je né conçois pas ce contré-temps bizarre. Il faut assurément que lé courrier s'égare.

THOMAS

Il s'égare souvent.

314 M. DE CRAC

M, DE CRAC, bas, à Thomas.

Veux-tu té contenir, Vabillard?

THOMAS

Non, ma foi, je n'y peux plus tenir; Et c'est par trop aussi charger ma conscience. Donnez-moi mon congé; car je perds patience.

M. DE CRAC

Gomment ?

THOMAS

Eh oui, morbleu ! prenez quelque garçon Qui soit de ce pays : je ne suis point Gascon. Grâces au ciel, monsieur, ma province est la Beauce. Là, jamais on ne dit une nouvelle fausse; Et jamais oui pour no7i.

M. DE CRAC

Eh bien! rétournes-y.

Je té dois?

THOMAS

Dix écus.

M. DE CRAC, mettant la main à sa poiTic.

Tiens, drôle, les voici.

THOMAS

Je ne suis po'nfun drôle, et je suis honnête homme.

M. DE CRAC

Voyez un peu ! sur moi je n'ai pas cette somme. Je pourrais dé ce pas Faller chercher là-haut; Mais je veux mé défaire à l'instant du maraud.

(A Saint-Dricc.)

Prêtez-moi dix écus.

SAINT-BRIGE.

S'il faut que je le dise, Ma bourse est demeurée au fond de ma valise : Je n'ai que dix-huit francs, monsieur.

M. DE CRAC

Donnez-les-moi.

(11 reçoit lc3 (lix-liuit francs.) (A îlioma?, en le payant.)

J'ai 16 reste. Tiens, pars.

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