‹ Théâtre de Collin d'Harleville (volume 2)Chapitre 249 sur 340 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

GHARLE, GEORGE.

GEORGE

Ah ! Ton peut donc enfin vous saisir un moment, Monsieur Armand.

GHARLE.

Toujours tu me nommes Armand, Et tu me trahiras.

338 LE VIEUX CELIBATAIRE.

Pardon, je vous supplie.

Charle est mon nom.

GEORGE

Ehl oui, je le sais, mais j'oublie.

Je m'en ressouviendrai, ne soyez pas fâché. Pendant que tout le monde est encore couché, Causons : dites-moi donc bien vite où vous en êtes, Ce que vous devenez, les progrès que vous faites : Votre sort en dépend ; j'y suis intéressé.

CHARLE

Eh mais ; je ne suis pas encor très avancé. Il faut qu'avec prudence ici je me conduise... Puis, j'attends qu'en ces lieux ma femme s'introduise, Pour agir de concert.

GEORGE

Oui, vous avez raison; Mais vous voilà du moins entré dans la maison.

CHARLE

Ah ! comment ! à quel titre, et combien il m'en coûte ! Moi, domestique ici !

GEORGE

C'est un malheur, sans doute :

Mais pour servir son oncle, est-on déshonoré? Je le répète encor, c'est beaucoup d'être entré : Et j'eus, lorsque j'y songe, une idée excellente ; Ce fut de vous offrir à notre gouvernante Comme un parent.

CHARLE

Jamais pourrai-je m'acquitter?...

Allons I... ce que j'en dis n'est pas pour me vanter... Je ne me prévaux point, mais je vous félicite, C'est moi qui bien plutôt ne serai jamais quitte. Votre bon père, hélas ! dont j'étais serviteur, A pendant dix-huit ans été mon bienfaiteur.

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