‹ Théâtre de Collin d'Harleville (volume 2)Chapitre 291 sur 340 · ACTE IH, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE IH, SCÈNE V

Monsieur, c'est une jeune fille, Sage, laborieuse et criionnete famille, Qu'en ce moment je viens vous présenter...

MADAME EVRARD

Pourquoi?

AMBROISE

Mais... pour vous soulager, madame Evrard.

MADAME EVRARD

Qui, moi?

Oh ! je n'ai pas du tout besoin qu'on me soulage ; On ne craint point encor le travail à mon âge.

M. DUBRIAGE.

Oui, sans doute.... je crois qu'on peut se dispenser De prendre cette fille.

AMBROISE

On ne peut s'en passer, Et dans cette maison, quoi qu'en dise madame, Il faut absolument une seconde femme, Pour plus d'une raison. Sans être fort âgés. Tous deux avons besoin d'être un peu ménagés. Madame Evrard, qui parle, en était prévenue.

MADAME EVRARD

Moi! jamais de ce point je ne suis convenue :

Je vous ai toujours dit : «Attendons, il faut voir.»

Savais-je, par hasard, qu'elle viendrait ce soir?

Comment Faurais-je dit? je l'ignorais moi-même. La Grange m'a servi d'une vitesse extrême... Mais qu'elle soit venue un peu plus tôt, plus tard;

(A M. Dubriagc.)

La voici. Vous aurez, j'espère, quelque égard, Monsieur, pour un sujet qu'en ce logis j'arrête. Quant à madame Evrard, je la crois trop honnête,

(En regardant fixement madame Evrard,)

Pour me contrarier en cette occasion.

Si d'avance elle eût fait un peu réflexion...

MADAME EVRARD

Allons, puisqii'à vos vœux il faut toujours souscrire, Pour Tamour de la paix, j'aime mieux ne rien dire.

(A M. Dubriage.)

Ainsi^ monsieur, voyez...

M. DUBRIAGE.

En effet, je ne vois Nul inconvénient... Allons^ je la reçois.

A part.

Je dois quelques égards à Fun ainsi qu'à Tautre.

Haut.

C'est mon affaire, au fond, beaucoup moins que la vôtre. Elle est pour vous aider plus que pour me servir. Je crois qu'elle vous peut seconder à ravir.

AMBROISE, à Laure.

Remerciez monsieur.

LAURE

Ah! de toute mon âme.

AMBROISE

Remerciez aussi madame Evrard.

LAURE

Madame...

MADAME EVRARD

Je VOUS dispense, moi, de tout remercîment.

M. DUBRIAGE.

Cette fille paraît assez bien.

MADAME EVRARD

Alil vraiment.

Dès qu'Ambroise la donne!...

M. DUBRIAGE.

Allons, allons, ma chère...

Instruisez-la tous deux de ce qu'elle doit faire ;

(A part, à lui-même.)

Et vivons en repos. Je suis tout hors de moi... Cette madame Evrard!... en vérité, je croi...

(Il sort eu regardant avec intérêt madame Evrard, qui feint de n'y pas prendre garde (1).

1. Je désire que l'acteur chargé du rôle de Dubriage se renferme

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