ACTE I, SCKNi: XII
Oui, sous vos seules lois je fais gloire de vivre : Vous voyagez ; partout je suis prêt à vous suivre : Vous retournez à Londre, et j'en suis citoyen. Votre pays, madame, est désormais le mien.
ÉLIANTE
Je ressens tout le prix d'un pareil sacrifice... Pardon ; j'ai cru vous voir tres-content du service.
FLORIMOND
Ah ! vous étiez à Brest alors, et je m'y plus:
Mais l'ennui règne aux lieux que vous n'nabitez plus.
ÉLIANTE
Et moi, de cet ennui m'avez-vous crue exempte ? Aurais-je été de Brest aussi longtemps absente, Si l'affaire qui seule ici me fit venir, * Quinze jours, malgré moi, n'eût su m'y retenir. Ils m'ont paru bien longs ! et distraite, isolée, Au milieu de Paris j'étais comme exilée.
FLORIMOND
Qu'entends-je ! vous m'auriez quelquefois regretté? Je ne méritais pas cet excès de bonté.
ÉLIANTE
Mais vous faisiez de même : au moins j'aime à le croire. Je me disais a Je suis présente à sa mémoire ! « Sans doute il songe à moi comme je songe à lui. » Cette douce pensée allégeait mon ennui.
FLORIMOND, à part.
Chaque mot qu'elle dit ne sert qu'à me confondre.
Haut et avec beaucoup d'embarras.
Ah ! quel monstre, en effet, pourrait ne pas répondre... A ces doux sentiments?... Oui, madame... en ce jour... Je jure qu'à jamais le plus tendre retour...
ÉLIANTE
Eh ! que me font, monsieur, tous les serments du monde ? Sur de meilleurs garants ma tendresse se fonde : J'en crois votre âme franche, exempte de détours, Qui toujours se peignit en vos moindres discours...
FLORIMOND. toujours avec embanas.
C'en est trop... Vous jugez de mon cœur par le vôtre... Moi, je ne prétends pas être plus franc qu'un autre... Mais jamais de tromper je ne me fis un jeu. Madame : et quand ma bouche exprime un tendre aveu, C'est que j'aime en effet, et de toute mon âme.
ÉLIANTE
Ah ! je vous crois sans peine.