ACTE II, SCENl- III
FLORIMOND
Ah! quelle est-elle?
PADRIGE.
Vous êtes sans laquais, m'a-t-on dit.
FLORIMOND
Il est vrai.
Je m'en aperçois bien ; et j'ai fait un essai..., De m'iiabiller tout seul ; tant mieux ; car mon système Est qu'on serait heureux de se servir soi-même. Cependant vous venez...?
PADRIGE.
Dussé-je être importun," Si monsieur désirait un laquais, j'en sais un...
FLORIMOND
Importun? Au contraire, et votre offre m'oblige. Donnez ; de votre main, mon cher monsieur Padrige, Je le reçois d'avance.
PADRIGE.
Ah !... j'ai bien votre fait.
FLORIMOND
Bon.
PADRIGE.
Un garçon docile, intelligent, discret, Honnête homme, surtout.
Eh! voilà mon affaire.
PADRIGE.
Je le crois. Si pourtant il n'eût pas su vous plaire, J'en avais un autre.
FLORIMOND
Ah!... Cet autre, quel est-il?
PADRIGE,
C'est un laquais charmant, du plus joli babil.
FLORIMOND
Fort bien.
PADRIGE.
De la toilette il connaît les finesses; Il n'^ servi qu'abbés, que petites maîtresses : Il est élégant, souple, et prompt comme Téclair.
FLORIMOND
J'aime mieux celui-ci.
PADRIGE, à part.
Courage.
FLORIMOND
-A Allez, mon cber.
PADRIGE.
J'aurais pu vous parler d'un autre domestique ;
Mais j'ai craint que Monsieur n'aimât point la musique.
FLORIMOND
Si fait. Cet autre donc est un musicien ?
PADRIGE.
Oui, fort habile : il est un peu fou...
FLORIMOND
Ce n'est rien.
PADRIGE.
Sans doute. Gomme un maître, il pince la guitare, Sait jouer de la flûte.
FLORIMOND
Eh ! c'est un homme rare.
PADRIGE
Ce n'est pas tout ; il a le plus joli gosier ; Sa voix aux instruments saura se marier.
FLORIMOND
Bravo ! voilà mon homme : allons vite, qu'il vienne.
PADRIGE.
Mais êtes-vous bien sur, monsieur, qu'il vous convienne? Car le dernier toujours est celui qui vous plaîti
ACTK II. scent: IV. rii
FLORIMOND
Oli ! non. je m'y tiendrai.
PADRIGE, à part, voyant venir Crisjjin.
Diable ! un autre paraît.