ACTE m, SCiùNE IV
M. DOLBAN.
C'est votre dernier mot?
Oui, monsieur.
M. DOLBAN.
En ce cas, Je vais prendre un parti que tu ne prévois pas. Je n'ai que cinquante ans, je suis libre, je Taime ; Je me propose, moi.
FLORIMOND
Vous, mon oncle ?
M DOLBAN.
Moi-même :
Sottement pour toi seul j'étais resté garçon : J'étais trop bon, vraiment.
FLORIMOND, reprenant un air détaché.
Oui, VOUS avez raison, Mon oncle ; dans la vie, il faut se satisfaire.
M. DOLBAN.
Elle aura tout mon bien, je n'en fais point mystère.
FLORIMOND
Chacun peut, à son gré, disposer de son bien. Tout le vôtre est à vous, et je n'y prétends rien.
M. DOLBAN.
Nous verrons si toujours cela te fera rire.
Je n'ose encore la voir, mais je lui vais écrire.
Il veut sortir.
FLORIMOND
Ne sortez point ; ici vous avez ce qu'il faut :
La lettre et la réponse arriveront plus tôt.
De grâce, asseyez-vous, mettez-vous à votre aise.
Pendant (juc son oncle écrit, il se parle à lui-même.
Qu'il se hâte, morbleu ! d'épouser son Anglaise, Et me laisse en repos. Les moments sont si chers I Voilà, je gage, au moins deux heures que je perds. Je brûle de revoir la beauté que j'adore ; Car je l'ai vae à peine, et ne sais pas encore
Gomment elle se nomme : en un mot, je ne sais Rien, sinon que je l'aime, et qu'elle a mille attraits.
Il se retourne vers son oncle et le regarde. Haut.
II prend la chose au vif. En ce tendre langage. Vous n'aviez pas écrit depuis longtemps, je gage?
M. DOLBAN, pliant sa lettre.
Pas tant que toi.
FLORIMOND
Je crois que vous me peignez mai.
Il faut se délier toujours de son rival.
M. DOLBAN.
C'est fait.
FLORIMOND, appelant.
Crispin !... Lafleur !