‹ Théâtre de Collin d'Harleville (volume 2)Chapitre 72 sur 340 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

M. DE PLINVILLE, ROSE.

M. DE PLINVILLE.

En riant. A Rose.

Ah ! la flotte ! il est gai. Te voilà toute sotte !

ROSE

J'en pleurerais.

M. DE PLINVILLE.

Ma femme a de fâcheux instants...

Heureusement cela ne dure pas longtemps.

ROSE

Mais cela recommence.

Elle crie, elle gronde ; Mais c'est la femme, au fond, la meilleure du monde.

ROSE

A cela près, pourquoi ne part-on pas, monsieur ?

M. DE PLINVILLE.

Ma femme a la migraine ; et l'on n'est pas d'humeur, Quand on souffre... D'ailleurs le temps, je tQ,r ois, se brouille,

Regarde. ^^^v.wtrsitus """^

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ROSE

Vous riez si bien lorsqu'on se mouille ! L'autre jour encore....

M. DE PLINVILLE.

Oui ; mais un temps pluvieux Nuirait à ma santé.

ROSE

Vous êtes beaucoup mieux, Ce me semble, monsieur ?

M. DE PLINVILLE.

Oui, vraiment, à merveille ; Je me sens chaque jour mieux portant que la veille. Et je vois revenir les forces, Tappétit.

Hai... Vous avez été bien malade.

M. DE PLINVILLE.

On le dit.

ROSE

Vous en douteriez ?

M. DE PLINVILLE.

Non ; mais, vois-tu, chère Rose, D'honneur, je n'ai pas, moi, senti la moindre chose. J'étais dans un profond et morne accablement, Mais qui ne me faisait souffrir aucunement.

ROSE

Ah ! ah !

M. DE PLINVILLE.

Notre machine alors est engourdie, Et c'est un vrai sommeil que cette maladie. Mais, en revanche aussi, que le réveil est doux ! Nous renaissons alors et le monde avec nous. Vous vivez par instinct ; moi je sens que j'existe. J'éprouve une langueur, mais elle n'est point triste ; Et ma faiblesse même est une volupté Dont on n'a pas d'idée en parfaite santé :

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