‹ Théâtre de Collin d'Harleville (volume 2)Chapitre 79 sur 340 · ACTE I, SCKNE XI. K · texte numérisé non relu

ACTE I, SCKNE XI. K

M. DE MORINVAI..

J'ai, je crois, le malheur de déplaire A votre nièce.

M. DE PLIN VILLE

Eli ! mais, vous êtes singulier :

Ma nièce l'ait de vous un cas particulier. Et d'ailleurs il suffit que ma fille vous aime.

M. DE MORINVAL.

Mais êtes-vous bien sûr qu'Angélique elle-même?...

M. DE PLINVILLE.

Eh! puisqu'elle consent à vous donner sa main...

M. DE MORINVAL.

J'ai peur qu'elle ne forme à regret cet hymen.

M. DE PLINVILLE.

Vos frayeurs, entre nous, ne sont pas raisonnables.

M. DE MORINVAL.

Si fait : je ne suis point de ces gens fort aimables : Je ne suis plus très-jeune.

M. DE PLINVILLE.

Avez-vous cinquante ans ï

M. DE MORINVAL.

Non, pas encor.

Eh bien ! ce n'est plus le printemps, ' Mais ce n'est pas l'hiver. Ma fille est douce et sage : Elle aimera bien mieux un époux de votre âge.

M. DE MORINVAL.

Je ne sais... Cependant elle me parle peu.

M. DE PLINVILLE.

I Elle n'est point parleuse, et j'en rends grâce à Dieui.

M. DE MORINVAL.

Je ne lui trouve pas cet air satisfait, tendre...

M. DE PLINVILLE.

Écoutez ; à notre âge, il ne faut pas s'attendre A des transports d'amour...

M. DE MORINVAL.

Non, mais...

M. DE PLINVILLE.

Vous lui plaisez, Vous avez son estime : eh bien ! vous Tépousez. Je vais vous confier le bonheur de ma fille. Et nous ne ferons plus qu'une seule famille. Déjà depuis longtemps nous étions bons amis, Séparés pa^ Thumeur, par le cœur réunis. Vous me grondez toujours, et toujours je vous aime. Vous me convenez fort, je vous conviens de même. Vous avez, comme moi, naissance, bien, santé : Il ne vous manque plus quVn peu de ma gaîté ; Mais c'est un beau secret que vous allez apprendre : On doit devenir gai, quand on devient mon gendre.

Il prend Morinval sous le bras, et sort ave-î lui.

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