‹ Théâtre de Collin d'HarlevilleChapitre 102 sur 449 · M. DE MORINVAL, MADAME DE ROSELLE · texte numérisé non relu

M. DE MORINVAL, MADAME DE ROSELLE

M. DE MORINVAL.

Jamais il ne craint rien, jamais il ne soupçonne. Quel homme !

MADAME DE ROSELLE

Je voudrais pourtant lui ressembler.

Allons, nous voilà seuls ; il est temps de parler.

(Haut.)

Vous accusez tout bas madame de Mirbelle, Monsieur ; votre bonheur est retardé par elle.

M. DE MORINVAL.

Je dois m'en consoler, puisque je la verrai. Encor, si mon bonheur n'était que différé !

MADAME DE ROSELLE

Ce retard, après tout, est fort heureux peut-être : Quand on doit s'épouser, il faut se bien connaître.

M. DE MORINVAL.

Pour connaître Angélique il suffît d'un instant; Et de moi, ce me semble, elle en peut dire autant. Ma franchise, je crois...

MADAME DE ROSELLE

Sert d'excuse à la mienne.

Êtes- vous bien, monsieur, sûr qu'elle vous convienne. Sûr de lui convenir ?

M. DE MORINVAL.

Ah ! quant au premier point.

Elle me plaît, madame, et vous n'en doutez point. Je n'ose pas ainsi me flatter de lui plaire. Peut-être en ce moment savez-vous le contraire? Elle vous l'aura dit.

MADAME DE ROSELLE

Point du tout; mais... j'ai peur...

Que vous dirai-je, enfin? il s'agit du bonheur. Vous ne voudriez pas qu'elle fût malheureuse ; Vous avez pour cela l'âme trop généreuse...

Fort bien. Je vous entends; je vois ce qu'il en est: Vous voulez doucement m'annoncer mon arrêt.

MADAME DE ROSELLE

Mais... quoique votre peur puisse être mal fondée.

Vous ne feriez pas mal de suivre votre idée; De savoir, en un mot, si l'on vous aime ou non ; La chose vous regarde.

M. DE MORINYAL.

Oui, vous avez raison ; Et si c'est un refus que sa bouche prononce, D'abord, quoiqu'à regret, à sa mam je renonce; Et je vous saurai gré de m'avoir averti.

(n sort.)

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