‹ Théâtre de Collin d'HarlevilleChapitre 120 sur 449 · SCÈNE XVI · texte numérisé non relu

SCÈNE XVI

Un POSTILLON, en veste bleue, avec la plaque d'argent;

M. BELFORT, MADAME DE ROSELLE

MADAME DE ROSELLE

Eh bien I qu'est-ce ?

LE POSTILLON

Excusez mon embarras extrême.

De ma commission je suis surpris moi-môme; Car, ordinairement, je ne vais guère à pié ;

Mais je suis complaisant... quand je suis bien payé.

M. BELFORT

Çà, que demandez-vous?

LE POSTILLON

Pardon... mais, pour bien faire, 11 faudrait, à la fois, et parler et se taire. A ma place, un nigaud vous avoûrait d'abord Qu'il demande un monsieur... qui se nomme Belfort...

M. BELFORT

Mais c'est moi.

LE POSTILLON

Dans les yeux nous savons un peu lire.

A la bonne heure ; mais qu'avez-vous à lui dire ?

LE POSTILLON

Oh ! rien du tout, madame ;et je n*ai dans ceci Qu'à remettre à monsieur le billet que voici.

(il donne un billet à M. Belfort.) M. BELFORT.

De quelle part ?

LE POSTILLON

Monsieur le verra dans la lettre.

M. BELFORT

Ah!... madame, pardon, vous voulez bien permettre...?

MADAME DE ROSELLE

Monsieur, je vous en prie.

(Au postillon, pendant que M. Belfort décacheté et ouTre le billet.)

Eh ! mais, vraiment, Fami, Vous ne paraissez gai ni plaisant à demi. *

LE POSTILLON

J'ai couru le pays, et j'ai vu bien du monde, Cela fait que je sais comme il faut qu'on réponde.

M. BELFORT

Ah! madame !...

MADAME DE ROSELLE

D'où vient ce mouvement soudain?

C'est de mon père.

MADAME DE ROSELLE

Bon!

M. BELFORT

Je reconnais sa main.

LE POSTILLON

Dès le premier abord j'ai su vous reconnaître.

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