‹ Théâtre de Collin d'HarlevilleChapitre 126 sur 449 · ACTE Y, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE Y, SCÈNE IV

M. DE PLINVILLE.

Quelle erreur est la vôtre !

Mais vous n*y pensez pas.

M. DE MORINVAL.

Vous pouvez, à présent, Rire, vous récrier, trouver cela plaisant : 11 n*en est pas moins vrai que votre fille Faime ; J'en suis sûr.

M. DE PLINVILLE.

Quoi! vraiment?... ma surprise est extrême.

Ils s*aiment... d'un amour sage, honnête, discret :

Il Taime sans le dire, elle brûle en secret.

Cette honnêteté môme est ce qui mlntéresse.

Et je veux près de vous protéger leur tendresse.

Écoutez : je suis riche, et plus que je ne veux.

Je suis veuf... pour toujours, sans enfants, sans neveux.

J'aime Belfort, je veux lui tenir lieu de père.

Il me paraît bien né, sensible, doux : j'espère

Qu'aidé de mon crédit, il fera son chemin.

Et d'Angélique un jour méritera la main.

Et moi, dès aujourd'hui, mon ami, je m'engage

A donner à Belfort ma terre en mariage.

M. DE PLINVILLE.

Laissez-moi respirer. Quel dessein généreux! Eh quoi ! mon cner ami, vous faites des heureux. Et vous doutez encor si vous-même vous l'êtes!... Mais (jue de ces enfants les amours sont discrètes ! Moi, j'en estime encore une fois plus Belfort. Angélique est aimable; il l'aime, il n'a pas tort; Ni ma fille non plus, car il est fait pour plaire.

M. DE MORINVAL.

Votre nièce s'avance. Ayons soin de nous taire.

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