SCÈNE X
FRANCHEVAL.
Est-Cé VOUS ?
SAINT-BRICE
La demande est un peu familière.
FRANCHEVAL.
La suite en est. .. que sais-je? encor plus cavalière. Si vous l'aimiez, monsieur, je lé prendrais fort mal* Je né suis pas d'humeur à souffrir un rival.
SAINT-BRICE
Eh ! mais, vous êtes vif, monsieur.
FRANCHEVAL,
Gela peut ôlre Prenez lé même ton, vous en êtes lé maître.
SAINT-BRICE
Mais..
L'aimez-vous ou non?
SAINT-BRICE
Eh bien, si je l'aimais?
FRANCHEVAL..
Je vous prîrais alors dé quitter à jamais La maison, lé pays.
SAINT-BRICE
Ah ! c'est une autre affaire.
FRANCHEVAL.
Je suis, dans tous les cas, prêt à vous satisfaire .
SAINT-BRICE
Est-ce-un défi? déjà le prendre sur ce ton ! Vous offrez de vous battre, et vous êtes Gascon !
FRANCHEVAL.
Lé pays n'y fait rien : quoi qu'on dise du notre, Un Gascon, s'il lé faut, se bat tout comme un autre.
SAINT-BRICE
J'aime fort la franchise, et surtout la valeur; Mais calmez un moment cette aimable chaleur. Je vous ferai raison, et rien n'est plus facile. Je vous déclare ici que j'aime fort Lucile, Au moins autant que vous : de plus, je l'avoûrai. Je ne puis me résoudre à m'en voir séparé, Et vous demandez trop.
FRANCHEVAL.
Je n'en puis rien ravattre:
Laissez-moi lé champ libre, ou bien allons nous vatlre.
SAlNT-BRICE.
Nous nous battrons sans doute, et je vous l'ai promis ;
158 M. DE CRAC
Mais' souffrez qu*à demain le combat soit remis.
FRANCHEVAL.
Je né suis pas du tout en humeur dé rémettre.
SAINT-BRICE
11 le faudra pourtant, si vous voulez permettre.
FRANCHEVAL.
Vous voulez m'échapper?
SAINT-BRICE
Non, je ne fuirai pas.
Demain, vousdis-je.
FRANCHEVAL.
Mais...
SAINT-BRICE, bas.
£hl parlez donc plus bas, Et feignons d'être amis; car j 'aperçois Lucile.