SCÈNE III
FLORIMOND, CRISPIN
FLORIMOND
J'ose à peine en croire son récit.
Rencontrer en ces lieux l'adorable Éliante ! Mais ne trouves-tu pas l'aventure charmante ?
CRISPIN
Pardon : de vos transports je suis un peu surpris. 11 est bien vrai qu'à Brest vous étiez fort épris D'une dame Éliante; et je sais que la dame N'était pas insensible à votre tendre flamme :
10 l'inconstant.
Mais enfin quinze jours au moins sont révolus Depuis que j'ai cru voir que vous ne l'aimiez plus.
FLORIMOND
11 est trop vrai, Tamour, surtout dans sa naissance, Ne tient guère, chez moi, contre une longue absence. Une affaire l'appelle à Paris : elle part.
Je liens bon... quatre jours ; mais enfin le hasard M'offre au marin : bientôt il m'aime à la folie. Me veutpour gendre : au fond, Léonor est jolie.... Que te airai-je, moi ? je la vis, je lui plus ; Éliante était loin, et je n'y songeai plus.... Je la retrouve enfin, grâce au sort qui me guide.
CRISPIN
Votre cœur n'aime pas à rester longtemps vide.
FLORIMOND
Ni moi longtemps en place : elle est sortie ; alors Je ne l'attendrai point.
CRISPIN
Je le crois bien.
FLORIMOND
Je sors.
Je vais courir un peu : demeure, toi .
CRISPIN, seul.
Quel maître!
Le vif-argent n'est pas... Mais que vois-je paraître? Serait-ce... ?