SCÈNE XXII
SAINT-BRICE
Avant que de nous battre, Messieurs, il est un point qu'il est bon de débattre. Lucile apparemment est le prix du vainqueur?
M. DE CRAC, bas à Saint-Brice.
Mon prince, si c'est vous, j'y consens dé bon cœur.
SAINT-BRICE
Si c'est monsieur, de môme ; et l'équité l'exige.
M. DE CRAC
Je n'y puis consentir.
SAINT-BRICE
Consentez-y, vous dis-je, Pour moi, je ne me bats qu'à ces conditions.
FRAN CHEVAL, bas à Saint-Brice.
11 eût toujours fallu que nous nous vatissions.
SAINT-BRICE
(a m. de Crac.)
Sans doute. S'il me tue, il doit avoir la pomme.
(Bas à M. de Crac.)
Je suis, en me battant, sûr de tuer mon homme.
M. DE CRAC, bas à Saint-Brice.
Lé gaillard se bat bien ; puis l'amour rend adroit : Il est bouillant.
SAINT-BRICE, bas à M. de Crac.
Tant mieux : moi je suis calme et froid.
FRANCHEVAL.
Soyez impartial, comme doit être un juge.
M. DE CRAC, à part.
Après tout, je saurai trouver un subterfuge.
(Haut à Saint-Brice.)
Eh bien donc, je consens que Lucile aujourd'hui Épousé lé vainqueur, que ce soit vous ou lui. J'en serai lé témoin.
SAINT-BRICE
Vous serez juge d'armes.
M. DE CRAC
Bon. D'un combat pour moi la vue a mille charmes.
FRANCHEVAL.
Oui, comme quand on voit un naufragé du port.
SAINT-BRICE, déclamant.
Mais je suis désarmé. Voulez-vous bien d'abord Dans mon appartement aller chercher l'épée... Avec laquelle un jour César tua Pompée?
Oui, j'aurai grand plaisir à vous la confier, (ii sort.)
178 M. DE CRAC