‹ Théâtre de Collin d'HarlevilleChapitre 24 sur 449 · ACTE I, SCÈNE X · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE X

M. DOLBAN.

Du ton dont tu le dis, en effet je le crois. Quelle est donc la personne ?

FLORIMOND

Elle a nom Éliantc.

C'est une veuve anglaise, une femme charmante : Je ne vous parle pas de sa rare beauté, Encor moins de ses biens et de sa qualité, Quoiqu'elle soit pourtant et noble, et riche, et belle. Mais, je vous Tavoûrai, ce cjue j'admire en elle, Ce sont des qualités d'un bien plus digne prix. Pour les frivolités c'est ce noble mépris. C'est ce rare talent, le grand art de se taire, Sa fierté même; enfin c'est tout son caractère.

M. DOLBAN.

Comment peux-tu si bien la connaître en un jour?

FLORIMOND

Mais elle a fait à Brest un assez long séjour. Quelque temps, il est vrai, je la perdis de vue ; Mais j'en fais en ce lieu la rencontre imprévue. Et mon cœur, dégagé de cette Léonor, La trouve ici plus belle et plus aimable encor.

M. DOLBAN.

Elle est riche ?

FLORIMOND

Très-riche.

M. DOLBAN.

Et de haute naissance ?

FLORIMOND

Oh ! très-haute.

M. DOLBAN.

En effet, une telle alliance Me semble... Écoute : il faut ne rien faire à demi. L'ambassadeur de Londre est mon meilleur ami : Je vais le consulter : et si le témoignage Qu'il rendra d'Éliante est à son avantage, Je reviens à l'instant, et demande sa main.

Oui, mon oncle, et plutôt aujourd'hui que demain.

M. DOLBAN.

Tu vas m'attendre ?

FLORIMOND

Non : je vais rendre visite A mon ami Valmont ; mais je reviens bien vite.

î2 l'inconstant.

M • D O L B A N y d'un ton sentencieux.

Je l'avais toujours dit : son cœur se fixera. Attendons ; tôt ou tard, son heure arrivera ; Et s'il trouve une femme...

FLORIMOND, très TiTement, et en reconduisant son oncle.

Allons, elle est trouvée, Mon cher oncle; et mon heure est enfin arrivée.

(m. Dolban sort.)

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