‹ Théâtre de Collin d'HarlevilleChapitre 242 sur 449 · MADEMOISELLE D'ORFEUIL, M. DE FLORVILLE · texte numérisé non relu

MADEMOISELLE D'ORFEUIL, M. DE FLORVILLE

MADEMOISELLE d'oRFEUIL, de loin, sans Toir FlonriUe.

D'Orlange dans ces lieux

(Aperce-vant Flonrille.

M'avait dit que quelqu'un me demandait. Ahl dieux!

(Haut.)

C'est vous, monsieur !

M. DE FLORVILLE

Ma vue a droit de vous surprendre, J'en conviens.

ACTEV, SCÈNE IX. 257

MADEMOISELLE d'oRFEUIL.

Il est vrai que je ne puis comprendre...

M. DE FLORVILLE

Moi-même... assurément... j'ai peine à concevoir... Je ne me flattais pas de jamais vous revoir.

MADEMOISELLE d'oRFEUIL.

Et... ne peut-on savoir quel sujet vous ramène?

M. DE FLORVILLE

Quel sujet? c'est... pardon. Une affaire soudaine... Cet autre voyageur votre futur époux...

Ici, pour un instant m'a donné rendez- vous. Je me suis empressé de revenir.

MADEMOISELLE d'ORFEUIL.

V Mon père

De cette occasion profitera, j'espère.

M. de FLORVILLE.

Je ne sais : voire père a reçu mes adieux.

MADEMOISELLE d'oRFEUIL.

Je les avais reçus moi-môme... Il serait mieux De le revoir aussi.

M. DE FLORVILLE

Je ne fais que paraître; Ma visitera présent, le troublerait peut-ôtrc : Il est, je le présume, occupé du futur. D'un hymen qui s'apprête. . .

Oh ! cela n'est pas sûr.

M. DE FLORVILLE

Il annonçait, ce semble, une union prochaine».

MADEMOISELLE d'oRFEUIL.

Oui, j'étais sur le point de serrer une chaîne Qui me pesait d'avance ; et j'en aurais gémi. Mon père, heureusement, est mon meilleur ami. Je viens d'ouvrir mon cœur à cet excellent père : 11 consent, en un mot, que l'hymen se diffère.

M, DE FLORVILLE

A ce futur époux, je faisais trop d'honneur: Je le croyais aimé.

MADEMOISELLE D'oRFEUIL.

Vous étiez dans l'erreur.

M. DE FLORVILLE

Un autre plus heureux, du moins, je le soupçonne L'a prévenu...

MADEMOISELLE d'oRFEUIL.

Croyez que je n'aimais person

ii58 LES CHATEAUX EN ESPAGNE.

Avant qu'il vînt.

M. DE PLORVILLE à part.

Personne? Ai-je bien entendu?

0 Dieu ! Tespoir enfin me serait-il rendu ?

(Haut.)

Votre cœur serait libre encore, mademoiselle !

MADEMOISELLE d'oRFEUIL, à part.

Hélas !

M. DE FLORVILLE

Si vous saviez combien cette nouvelle A droit de me toucher ! Heureux Florville !

MADEMOISELLE d'oRFEUIL.

Eh quoi I Vous enviez son sort ?

M. de florville, TiTement.

Ah ! je parle de moi.

MADEMOISELLE d'oRFEUIL.

De vous, monsieur?

M. DE FLORVILLE

Eh ! oui ; la feinte est inutile :

Vous ôtes libre encore, et moi, je suis Florville.

MADEMOISELLE d'oRFEUIL.

Vous, Florville ?

M. DE FLORVILLE

Moi-même. Ah ! daignez m*excaser, Si, pour observer mieux, j'ai pu me déguiser. Je vous aimai, sans doute, à la première vue; Pour un autre déjà je vous crois prévenue : Dès lors, sacrifiant mes droits et mon amour, Je pars. On me rappelle: ô trop heureux retour 1 Un seul mot me rassure, et je puis donc encore Vous dire qui je suis, el que je vous adore.

Qu'entends-je? eh quoi ! c'est vous qui m'étiez destiné ? Se peut il?

(a part.)

Ah ! mon cœur l'avait bien deviné.

(Haut.)

Je puis donc espérer (mon bonheur est extrême!) D'être enfin à celui que j'estime et que j'aime.

M. DE FLORVILLE

J'étais aimé I qu'entends-je? et c'est l'autre étranger Qui me rappelle ici. J'étais loin de songer...

MADEMOISELLE D*ORFEUIL.

Eh î c'est lui-môme aussi qui dans ces lieux m'envoie.

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