MADEMOISELLE D'ORFEUIL, M. DE FLORVILLE
MADEMOISELLE d'oRFEUIL, de loin, sans Toir FlonriUe.
D'Orlange dans ces lieux
(Aperce-vant Flonrille.
M'avait dit que quelqu'un me demandait. Ahl dieux!
(Haut.)
C'est vous, monsieur !
M. DE FLORVILLE
Ma vue a droit de vous surprendre, J'en conviens.
ACTEV, SCÈNE IX. 257
MADEMOISELLE d'oRFEUIL.
Il est vrai que je ne puis comprendre...
M. DE FLORVILLE
Moi-même... assurément... j'ai peine à concevoir... Je ne me flattais pas de jamais vous revoir.
MADEMOISELLE d'oRFEUIL.
Et... ne peut-on savoir quel sujet vous ramène?
M. DE FLORVILLE
Quel sujet? c'est... pardon. Une affaire soudaine... Cet autre voyageur votre futur époux...
Ici, pour un instant m'a donné rendez- vous. Je me suis empressé de revenir.
MADEMOISELLE d'ORFEUIL.
V Mon père
De cette occasion profitera, j'espère.
M. de FLORVILLE.
Je ne sais : voire père a reçu mes adieux.
MADEMOISELLE d'oRFEUIL.
Je les avais reçus moi-môme... Il serait mieux De le revoir aussi.
M. DE FLORVILLE
Je ne fais que paraître; Ma visitera présent, le troublerait peut-ôtrc : Il est, je le présume, occupé du futur. D'un hymen qui s'apprête. . .
Oh ! cela n'est pas sûr.
M. DE FLORVILLE
Il annonçait, ce semble, une union prochaine».
MADEMOISELLE d'oRFEUIL.
Oui, j'étais sur le point de serrer une chaîne Qui me pesait d'avance ; et j'en aurais gémi. Mon père, heureusement, est mon meilleur ami. Je viens d'ouvrir mon cœur à cet excellent père : 11 consent, en un mot, que l'hymen se diffère.
M, DE FLORVILLE
A ce futur époux, je faisais trop d'honneur: Je le croyais aimé.
MADEMOISELLE D'oRFEUIL.
Vous étiez dans l'erreur.
M. DE FLORVILLE
Un autre plus heureux, du moins, je le soupçonne L'a prévenu...
MADEMOISELLE d'oRFEUIL.
Croyez que je n'aimais person
ii58 LES CHATEAUX EN ESPAGNE.
Avant qu'il vînt.
M. DE PLORVILLE à part.
Personne? Ai-je bien entendu?
0 Dieu ! Tespoir enfin me serait-il rendu ?
(Haut.)
Votre cœur serait libre encore, mademoiselle !
MADEMOISELLE d'oRFEUIL, à part.
Hélas !
M. DE FLORVILLE
Si vous saviez combien cette nouvelle A droit de me toucher ! Heureux Florville !
MADEMOISELLE d'oRFEUIL.
Eh quoi I Vous enviez son sort ?
M. de florville, TiTement.
Ah ! je parle de moi.
MADEMOISELLE d'oRFEUIL.
De vous, monsieur?
M. DE FLORVILLE
Eh ! oui ; la feinte est inutile :
Vous ôtes libre encore, et moi, je suis Florville.
MADEMOISELLE d'oRFEUIL.
Vous, Florville ?
M. DE FLORVILLE
Moi-même. Ah ! daignez m*excaser, Si, pour observer mieux, j'ai pu me déguiser. Je vous aimai, sans doute, à la première vue; Pour un autre déjà je vous crois prévenue : Dès lors, sacrifiant mes droits et mon amour, Je pars. On me rappelle: ô trop heureux retour 1 Un seul mot me rassure, et je puis donc encore Vous dire qui je suis, el que je vous adore.
Qu'entends-je? eh quoi ! c'est vous qui m'étiez destiné ? Se peut il?
(a part.)
Ah ! mon cœur l'avait bien deviné.
(Haut.)
Je puis donc espérer (mon bonheur est extrême!) D'être enfin à celui que j'estime et que j'aime.
M. DE FLORVILLE
J'étais aimé I qu'entends-je? et c'est l'autre étranger Qui me rappelle ici. J'étais loin de songer...
MADEMOISELLE D*ORFEUIL.
Eh î c'est lui-môme aussi qui dans ces lieux m'envoie.